LES PARQUES
Am : Elle aime k rire, clic aime a lioire.
Sages et fous, gueux et monarques, Apprenez un fait tout nouveau :
Bacchus a vidé son caveau Pour remplir la coupe des Parques ;
C’est afin de plane aui Amours,
Qui chantaient d’une voix sonore :
Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours.
Du monde éternelle ennemie,
Atropos, au fatal ciseau,
Buvant à longs traits et sans eau,
Sur la table tombe endormie;
Mais ses deux sœurs filent toujours, Souriant à qui les implore.
Que tout mortel ajoute encoie Des jours heureux à ses beaux jours.
Lachésis, remplissant sa tasse,
S’écrie : Atropos dort enfin 1 Mais trop sec, hélas ! et trop fin,
Je crains que mon fil ne se casse.
Pour le tremper ayons recours A ce nectar qui me restaure.
Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours.
Garnissant sa quenouille immense,
Clotho lui dit: Oui, travaillons;
De vin arrosons des sillons Où de mon lin croit la semence.
Cette rosée aura toujours Le pouvoir de la faire éclore.
Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours.
Quand ces Parques, vidant bouteille.
Filent nos jours sans nul souci,
Nous qui buvons gaiment ici,
Giaignons qu’ Atropos ne s’éveille. .
Qu’elle dorme au gré des Amours,
Et répétons à chaque aurore :
Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours.
MON Cl’ RÉ
Am : l'n chanoine de l’Auierroi*
Le curé de notre, hameau S’empresse à vider son tonneau,
Pour quand viendra l’automne.
Bénissant l)ieu de ses présents,
A sa nièce, enfant de seize ans,
Il dit parfois : Mignonne,
Cache-moi bien ce qu’on fera ;
Le diable aura ce qu’il pourra.
Eh î zon, zon, zon,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.
Fait pour chasser les loups gloutons, Dois-je essayer sur les moutons Si ma houlette est bonne?
Non;. mais à mon troupeau je dis ; La paix est un vrai paradis Qu’ici-bas l’on se donne.
Surtout j’ai soin, tant qu’il se peut, De ne prêcher que quand il pleut.
Eh! zon, zon, zon,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.
Les dimanches, point ne défends La joie à ces pauvres enfants ;
J’aime alors qu’on s’en donne.
Lu chœur, où seul je suis souvent, Je les entends rire en buvant Chez la mère Simonne;
Ou j’y cours même, s’il le faut,
Les prier de chanter moins haut.
Eh ! zon, zon, zon,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.
Sans jamais en rien publier,
Je vois s’enfler le tablier Le plus d’une friponne.
S’épouse-t-on six mois trop tard, Faut-il baptiser un bâtard:
C’est le ciel qui l’ordonne.
Les plaintes fort peu me siéraient, x Le ciel et Suzon en riraient.
Eh! zon, zon, zon,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.
Notre maire, un peu mécréant,
A maint sermon répond : Néant.
Mais que Lieu lui pardonne !
Lepuis qu’à sa table il m’admet, J’ai su qu’à deux mains il semait, Sans bruit faisant l’aumône ;
Or, la grâce ne peut faillir:
Puisqu’il sème, il doit recueillir.
Eh! zon, zon, zon,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.
Je préside à tous les banquets,
A ma fête j’ai des bouquets,
Et l’on remplit ma tonne.
Mon évêque, triste et bigot,
Prétend que je sens le tagot ;
Mais pour qu’un jour, mignonne* J’aille, où les anges lont leurs nids, Revoir tous ceux que j’ai bénis,
Eh! zon, zon, zou,
Baise-moi, Suzon,
Et ne damnons personne.