‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 79 sur 315 · PLUS DE POLITIQUE · texte numérisé non relu

PLUS DE POLITIQUE

Juillet 1815.

Air : Ce jo.ir-la, sous son ombrage.

Ma mie, 6 vous que j’adore, Mais qui vous plaignez toujours Que mon pays ait encore Trop de part à mes amours!

Si la politique ennuie,

Même en frondant les abus, Rassurez- vous, ma mie.:

Je n’en .parlerai plus.

Près de vous, j’en ai mémoire.

Donnant prise à mes rivaux,

Des arts enfants de la gloire Je racontais les travaux.

A notre France agrandie Us prodiguaient leurs tributs.

Rassurez-vous, ma mie :

Je n’en parlerai plus.

Moi, peureux dont on se raille, Après d’amoureux combats, J’osais vous parler bataille Et chanter nos fiers soldats.

Par eux la terre asservie Voyait tous ses rois vaincus.

Rassurez-vous, ma mie :

Je n'en parlerai plus.

Sans me lasser de vos chaînes, J’invoquai la liberté ;

Pu nom de Rome et d’Athènes J'effrayais votre gaîté.

Quoiqu’au fond je me défie Pc nos modernes Titus, Rassurez-vous, ma mie :

Je n’en parlerai plus.

La France, que rien n’égale,

Et dont le monde est jaloux, Etait la seule rivale Qui fût à craindre pour vous.

Mais, las! j’ai pour ma patiie Fait trop de vœux superflus.

Rassurez -vous, ma mie :

Je n’en parlerai plus.

Oui, ma mie, il faut vous croire Faisons-nous d’obscurs loisirs.

Sans plus songer à la gloire, Bornions au sein des plaisirs.

Sous une ligue ennemie,

Les Français sont abattus.

Rassurez-vous, ma mie :

Je n’en parlerai plus.

Page 1