LA MORT DE CHARLEMAGNE
Aiu : Le bruit des rouleUcs gillc loul.
Dans le vieux Roman de la Rose J'ai vu que le tils de Pépin, Redoutant sou apothéose , Disait à l'évéque Turpin :
« Prélat, sois bon à quelque chose; « L'âge m'accable, guéris-moi. i « Oui, lui dit Turpin, et vive le roi! » (Bis.
<i Turpin, sais-tu qu'on me répète o Ce mot-là depuis bien longtemps? »
Turpin répond : « J'ai la recette " D'un cœur de vierge de vingt ans.
« Fleur de vingt ans, vertu parfaite, « Vous rajeunira, sur ma foi.
<i Sauvons la patrie, et vive le roi I »
Vite un décret de Charlemague Met un haut prix à ce trésor :
On cherche à Rome, en Allemagne; Même en France on le cherche encor.
Les curés cherchaient en campagne.
Disant : « Ce prince plein de foi « Doublera la dime, et vive le roi ! >>
Turpin d'abord trouve lui-méniB Cœur de vingt ans non profané; Mais un bon moine do Télème Le croque à l'instant sous son né.
Quoil sans respect du diadème !
<■ Oui, dit le moine; c'est ma loi.
1 L'Église avant tout, et vive le roi ! »
Un juge, espérant la simarre, Loin de Paris cherche si bien, Qu'il découvre aussi l'oiseau rare Qu'attendait le roi très-chrétien.
Un seigneur dit : « Je m'en empare ; « Le droit de jambage est à moi.
« Tout pour la noblesse, et vive le roi ! »
« Je serai duc! » s'écrie un page, Dénichant enfin à son tour Fille de vingt ans neuve et sage, Que soudain il mène à la cour.
On illumine à son passage ; Et le peuple , qui sait pourquoi , Chante un Te Deiim , et vive le roi !
Mais, en voyant le doux remède, Le roi dit : « C'est l'esprit malin.
« Fi doncl cette vierge est trop laide K Mieux vaut mourir comme un vilain.
Or, il meurt ; son fils lui succède Et Turpin répète au convoi :
«Vite, qu'on l'enterre, et vive le roi! "
CHANSONS DW BBRANGER
LE CHAMP D'ASILË
Aiu : rioniaiii'c de Hûlisairo (|iar Garât).
Un chef de lianais courageux, Implorant un lointain asile, A des sauvages ombrageux Disait : « L'Europe nou? oxilc
et Heureux enfants de ces forêts, o De nos maux apprenez riiistoire :
« Sauvages! nous soumics Français ' Prenez pilié de notre gloirt»
CHANSONS DE BKKANClER
« Elle épouvante eueur les rois.
« Et nous baouit des humbles chaumes « D'où, sortis pour veuger nos droits, « Nous avons dompté vingt royaumes. " Nous courions conquérir la Paix « Qui fuyait devant la Victoire, c Sauvages! nous sommes Français; « Prenez pitié de notre gloire.
" Mais il tombe; et nous, vieux soldats, « Qui suivions un compagnon d'armes, « Nous voguons jusqu'en vos climats, » Pleurant la patrie et ses charmes.
" Qu'elle se relève à jamais a Du grand naufrage de la Loire !
« Sauvages! nous sommes Français; « Prenez pitié de notre gloire. »
« Dans l'Inde, Albion a tremblé a Quand de nos soldats intrépides 0 Les chants d'allégresse ont troublé « Les vieux échos des Pyramides.
« Les siècles pour tant de hauts faits « N'auront point assez de mémoire.
<t Sauvages ! nous sommes Français ; a Prenez pitié de notre gloire.
11 se tait. Un sauvage alors Répond : « Dieu calme les orages.
« Guerriers! partagez nos trésors, e Ces champs, ces fleuves, ces ombrages <• Gravons sur l'arbre de la Paix " Ces mots d'un fils de la Victoire : « Sauvages! nous sommes Français; u Prenez pitié de notre gloire. i>
« Un homme enfin sort de nos rangs ; c II dit : " Je suis le dieu du monde. » « L'on voit soudain les rois errants « Conjurer sa foudre qui gronde.
« De loin saluant son palais, » A ce dieu seul ils semblaient croire. " Sauvages! nous sommes Français; <t Prenez pitié de notre gloire.
Le Champ d'Asile est consacré; Élevez-vous, cité nouvelle!
Soyez-nous un port assuré Contre la Fortune infidèle.
Peut-être aussi des plus hauts faits Nos fils vous racontant l'histoire, Vous diront : Nous sommes Français; Prenez pitié de notre gloire.
CHANSONS DE BKRANGER