‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 107 sur 340 · LA SAINTE-ALLIANCE DES PEUPLES · texte numérisé non relu

LA SAINTE-ALLIANCE DES PEUPLES

CHANSON CHANTÉE A LIANComT POIT, I.\ FÊTE DONNÉE PAU M. I.E TiVC. DE I.A ROCHEFO rC A rr.D EN RÉJOriSSANCE DE I.' K V \i: r AT KiN DIT TERIUTOIUE I" U \ N C \ 1 S . Ai' MiilS n'cICTunnE IS|8

Aiii ilii Dii'u ilos Ijoimcj gens.

J'ai vu la Paix desccudre sur la terre, Semant de l'or, des (leurs et des épis. L'air était calme, et du dieu de la i;uerre Elle rtoultait les foudres assoupis.

'■ .\li! disait-ello, égaux par la vaillauce, « Frauçais, Anglais, Belge, Russe ou Germain, « Peuples, formez une saiule-alliauce.

1 Et donne7.-vo\is la main.

CHANSONS DE BERANGER

" Pauvres mortels, tant do haine vous lasse; '< Vous ne goûtez qu'un pénible sommeil. '< D'un globe étroit divisez mieux l'espace; « ("liacun de vous aura place au soleil. <. Tous attelés au char de la puissance, " Du vrai bonheur vous quittez le chemin. « Peuples, formez une sainte-alliance.

« Et donnez-vous la main.

" Que Mars en vain n'arrête point sa course ; « Fondez les lois dans vos pays souffrants ; ' De votre sang ne livrez plus la source - Aux rois ingrats, aux vastes conquérants. ( Des astres faux conjurez l'influence; '. Effroi d'un jour, ils pâliront demain. Il Peuples, formez ime sainte-alliance, « Et donnez-vous la main.

" Chez vos voisins vous portez l'incendie; « L'aquilon souffle, et vos toits sont brûlés ; « Et quand la terre est enfin refroidie, 1 Le soc languit sous des bras mutilés. « Près de la borne où chaque Etat commence , « Aucun épi n'est pur de sang humain.

" Peuples, formez une sainte-alliance, 0 Et donnez-vous la main.

' Oui, libre enfin, que le monde respire; « Sur le passé jetez un voile épais.

1 Semez vos champs aux accords de la lyre ; " L'encens des arts doit brûler pour la paix. <- L'espoir riant, au sein de l'abondance, " Accueillera les doux fruits de l'hymen. '< Peuples, formez une sainte-alliance, « Et donnez-vous la main. »

" Des potentats, dans vos cités en flammes, " Osent, du bout de leur sceptre insolent. '<■ Marquer, compter, et recompter les âmes '£ Que leur adjuge un triomphe sanglant. t< Faibles troupeaux, vous passez, sans défense. « D'un joug pesant sous un joug inhumain. « Peuples, formez une sainte-alliance, i Et donnez-vous la main.

Ainsi parlait cette vierge adorée.

Et plus d'un roi répétait ses discours. Comme au printemps la terre était parée; L'automne en fleurs rappelait les amours. (') Pour l'étranger coulez, bons vins de France : De sa frontière il reprend le chemin.

Peuples, formons une sainte-alliance.

Et donnons-nous la main.

Cl L'automne de 1818 fut d'une brjnii' renini'i|n;il)le : lieaiicoup (['ai-bre« fruiiieis reneuriront , uii'iin' ilon* le nnnl de la France.

CHANSONS DE BERANGEK

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