‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 111 sur 340 · LES ENFANTS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DE LA FRANCE

Ain : V.iiiileville il*" Turciiiie.

Reine du monde, ô France ! à ma patrie ! Soulève enfin ton front cicatrisé.

Sans qu'à tes yeux \c\\t gloire en soit flétrie, De tes enfants l'étendard s'est brisé. (Bis.) Quand la Fortune outrageait leur vaillance, Quand de tes mains tombait ton sceptre d'or.

Tes ennemis disaient encor :

Honneur aux enfants de la France! (JSis.l

Prête l'oreille aux accents de l'histoire : Quel peuple ancien devant toi n'a tremblé? Quel nouveau peuple, envieux de ta gloire, Ne fut cent fois de ta gloire accal)lé? En vain l'Anglais a mis dans la balance L'or que pour vaincre ont mendié les roi? ;

Des siècles entends-tu la voix?

Honneur aux enfants de la France !

De tes grandeurs tu sus te faire absoudre, France, et ton nom trionjphe des revers. Tu peux tomber, mais c'est comme la fo\idre Qui se relève et gronde au liaut des airs. Le Rhin aux bords ravis à ta puissance Porte à regret le tribut de ses eaux; 11 crioau fond de ses roseaux :

Honneur aux enfants de la France !

Dieu, qui punit le tyran et l'esclave, Veut te voir libre, et libre pour toujours. Que tes plaisirs ne soient plus une entrave : La Liberté doit sourire aux amours.

Prends son flambeau, laisse dormir sa lance; Instruis le monde, et cent peuples divers Chanteront en brisant leurs fers :

Honneur aux enfants de la France !

Pour effacer des coursiers du Barbare Les pas empreints dans tes champs profanés, .Tamais le ciel te fut-il moins avare?

D'épis nombreux vois ces champs couronnés. D'un vol fameux (') prompts à venger l'offense. Vois les beaux-arts, consolant leurs autels, Y graver en traits immortels :

Honneur aux eni'unts de la France!

Relève-toi, France, reine du monde!

Tu vas cueillir tes lauriers les plus beaux. Oui , d'âge en âge une palme féconde Doit de tes fils protéger les tombeaux. Que près du mien, telle est mon espérance, Pour la patrie admirant mon amour, Le voyageur répète un jour :

Honneur aux enfants de la Franco !

(') La «ipolialiou du Musée.

CHANSONS DE BÉRANGER

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