‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 134 sur 340 · SUR SON LICENCIEMENT PAU CHARLES X · texte numérisé non relu

SUR SON LICENCIEMENT PAU CHARLES X

Am : llaltc-là.

Pour tout Paris quel outrage !

Amis, nous v'ià licenciés.

Est-ce parc' que not' courage Brilla contre leurs alliés?

C'est quelqu' noir projet qui perce.

Morbleu I pour nous prêter s'cours, Il faut qu' chacun d' nous s'exerce.

Du mém' pied partons toujours.

N' cessons pas, (Bis.) Chers amis , d' marcher au pas.

Au lieu d' monter à la Chambre, Nous aurions bien dû, je l'sens.

Des injur's de plus d'un membre D'mander raison aux trois cents.

La Charte qu'on y tiraille Est leur rempart ; mais , au fond , On peut franchir c'te muraille Par les brèches qu'ils y font.

N' cessons pas, Chers amis , d' marcher au pas.

Moitié d' la gard' nationale S' composait d'anciens soldats :

Des braves d' la gard' royale Aussi faisions-nous grand cas.

Sans r ministère, nul doute Qu'on eût pu nous voir quelqu' jour, Dans not' verre, eux hoir' la goutte. Nous, marcher à leur tambour.

N' cessons pas , Chers amis, d' marcher au pas.

Au château faire 1* service Sans cartouch's pour se garder; En voir donner à chaqu' Suisse, En arrièr' ça fait r' garder.

Qui rétrograde se blouse ; Gens d' la cour, sauf vot' respect , Vous risquez quatre-vingt-douze Pour ravoir quatre-vingt-sept.

N' cessons pas , Chers amis, d' marcher au pas.

Nos voix ont paru sinistres :

D' nouveau pourtant il faudra Crier à bas les ministres, Les jésuit's et cuîtera.

Pour son argent j' crois qu' la foule A bien l' droit d' former un vœu ; N'est-c' que quand la maison croule Qu'on permet d' crier au feu ?

N' cessons pas.

Chers amis, d' marcher au pas.

Puisqu' Montrouge nous menace, Et rév' quelqu' Saint-Barthérmy, Préparons-nous, quoi qu'où fasse, A repousser l'ennemi.

Quand vers un' perte certaine L' navire est conduit foU'meut, En dépit du capitaiuc Faut sauver le b;\timent.

N' cessons pas , Chers amis , d' marcher au pasi

CHANSONS DE BERANGER

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