‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 136 sur 340 · TT · texte numérisé non relu

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Aiii : Miiso (ioi. liois cl lie» accoi'cls cliainpi'lres.

Soleil si doux au dccliu de l'autoiiiiie, Arbres jaunis, je vieub vous voir encor. N'espérons plus que la haine pardonne A mes chansons leur trop rapide essor.

Dans cet asile, où reviendra Zéphire, J'ai tout rêvé, nicmc un nom glorieux.

Ciel vaste et pur, daigae eucor lue sourire ; Éehos des bois, répétez mes adieux.

(') CeUe cliaiitoii, faitu dmi!) le iiiuls de ikrvi iiilui.' ISJl , fui co|iitt.> et dislribiiCc nu li-ibi.nal It- jour de la première coudoinnaiidii de r.uueur.

CHANSONS DE BERANGER

Comme l'oiseau, libre sous la feuillée, Que n'ai-je ici laissé mourir mes chants ! Mais de grandeurs la France dépouillée Courbait son front sous le joug des méchants. Je leur lançai les traits de la satire; Pour mon bonheur l'amour m'inspirait mieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Echos des bois, répétez mes adieux.

Déjà leur rage atteint mon indigence; (')

Au tribunal ils traînent ma gaieté ;

D'un masque saint ils couvrent leur vengeance :

Rougiraient-ils devant ma probité?

Ah ! Dieu n'a point leur cœur pour me maudire :

L'Intolérance est fille des faux dieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;

Echos des bois, répétez mes adieux.

Sur des tombeaux si j'évoque la Gloire, Si j'ai prié pour d'illustres soldats, Ai-je à prix d'or, aux pieds de la Victoire, Encouragé le meurtre des États?

Ce n'était point le soleil de l'Empire Qu'à son lever je chantais dans ces lieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Echos des bois, répétez mes adieux.

Que, dans l'espoir d'humilier ma vie, Bellart s'amuse à mesurer mes fers ; Même aux regards de la France asservie Un noir cachot peut illustrer mes vers. A ses barreaux je suspendrai ma lyre; La Renommée y jettera les yeux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Echos des bois , répétez mes adieux.

Sur ma prison vienne au moins Philomclc ! Jadis un roi causa tous ses malheurs.

Partons : j'entends le geôlier qui m'appelle. Adieu les champs, les eaux, les prés, les fleurs. Mes fers sont prêts : la liberté m'inspire ; Je vais chanter son hymne glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Echos des bois , répétez mes adieux.

(') Loisijue le recueil de ISil parut, ce fut le niiuistcre qui força les membres du conseil de l'Univei'sité d'oter à l'auteur le modique emploi d'expéditionuaire qu'il occupait depuis douze ans. Au reste, on l'avait prévenu que, ii'il faisait imprimer ses nouvelles chansons , il perdrait cet emploi.

CHANSONS DE BERANGER

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