‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 174 sur 340 · MAUDIT PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MAUDIT PRINTEMPS

Ain ■ r.'esl J mon m;iilre en l'art Je plaire.

Jp h) voyais de ma fenêtre A la sienne tout cet hiver :

Nous nous aimions sans nous connaître Nos baisers se croisaient dans l'air.

Entre ces tilleuls sans feuillage, Nous regarder comblait nos jour».

Aux arbres tu rends leur ombrage ; Maudit iirintemjis! reviendras-tu toujours?

CHANSONS DE BERANGER

Il se perd dans leur voûte obscure, Cet ange éclatant qui là-bas M'apparut, jetant la pâture Aux oiseaux un jour de frimas :

Ils l'appelaient, et leur manège Devint le signal des amours.

Non , rien d'aussi beau que la neige ! Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

Sans toi je la verrais encore, Lorsqu'elle s'arrache au repos , Fraîche comme on nous peint l'Aurore 1)11 Jour entr'ouvnnit les rideaux.

Le soir encor je pourrais dire :

Mon étoile achève son cours ; Elle s'endort, sa lampe expire.

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

C'est l'hiver que mon cœur implore :

Ah ! je voudrais qu'on entendit Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit.

Que me fait tout ton vieil empire , Tes fleurs, tes zéphyrs, tes longs jours? Je ne la verrai plus sourire.

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

CHANSONS DE BERANGER

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