‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 179 sur 340 · LE SACRE DE CHARLES LE SIMPLE · texte numérisé non relu

LE SACRE DE CHARLES LE SIMPLE

Am du beau Tristan, Je BeaL'I'Lan.

Français, que Reims a réunis, Criez : Montjoie et saint Denis I On a refait la sainte ampoule, Et, comme au temps de nos aïeux, Des passereaux lâchés en foule Dans l'église volent joyeux.

D'un joug brisé ces vains présages Font sourire Sa Majesté. [sages ;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, plus que nous soyez Gardez bien, gardez bien votre liberté. [Dis.]

Puisqu'aux vieux us on rend leurs droits, Moi, je remonte à Charles trois.

Ce successeur de Charlemagne De Simple mérita le nom ; Il avait couru l'Allemagne Sans illustrer son vieux pennon.

Pourtant à son sacre on se presse :

Oiseaux et flatteurs ont chanté. [ gresse ;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, point de folle allc- Gardcz bien, gardez bien votre liberté.

Aux pieds des prélats cousus d'or, Charles dit son Confileor.

On l'habille, on le baise, on l'huile.

Puis, au bruit des hymnes sacrés.

Il met la main sur l'Evangile.

Son confesseur lui dit : « Jurez, d Rome , que l'article concerne , « Relève d'un serment prêté. » [ vorne ;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, voilà comme on gou- Gardcz bien, gardez bien votre liberté.

De Charlemagne, en vrai luron.

Dès qu'il a mis le ceinturon, Charles s'étend sur la poussière.

Roi 1 crie un soldat, levez-vous!

o: Non, dit l'évèque; et, par saint Pierre, ï Je te couronne : enrichis-nous.

n Ce qui vient de Dieu vient des prêtres. <r Vive la légitimité I D [maîtres;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, notre maître a des Gardez bien, gardez bien votre liberté.

Chamarré de vieux oripeaux , Ce roi, grand avaleur d'impôts, Marche entouré de ses fidèles.

Qui tous, en des temps moins heureux, Ont suivi les drapeaux rebelles D'un usurpateur généreux.

Un milliard les met en haleine :

C'est peu pour la lidélilé. [chaîne;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, nous payons notre Gardez bien, gardez bien viilrc lilierté.

Oiseaux, ce roi miraculeux Va guérir tous les scrofuleux.

Fuyez, vous qui de son cortège Dissipez seuls l'ennui mortel :

Vous pourriez faire un sacrilège En voltigeant sur cet autel.

Des bourreaux sont les sentinelles Que pose ici In piété. [ailes;

Le peuple s'écrie : Oiseaux, nous envions vos Gardez bien, gardez bien votre liberté.

CHANSONS DE BERANGER

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