‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 18 sur 340 · LE VIEUX CÉLIBATAIRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

AiB : Contenions-nous il'uiie simple boiileille.

Allons, Babet, il ost liii^it/'t dix iunires : Pour un goutteux c'est l'instant ilii ropos. Depuis un nii qu'avoc inni lu diMiunires, Jamais, je crois, je ne fus si dispos.

A mon eoucher ton aimable présence Pour ton bonheur ne sera pas sans fruit. Alliuis, Baltel, un peu de complaisance, Un lai! de poule et mon bonnet de nuit.

CHANSONS DK BK RANGER

Petite bonne, agaçante et jolie, D'un vieux garçon doit être le soutien. Jadis ton maître a fait mainte folie Pour des minois moins friands que le tien. .Je veux demain, bravant la médisance.

Au Cadran-Bleu te régaler sans bruit.

Allons, Babet, un peu de complaisance, T'n lait de poule et mon bonnet de nuit.

A mes désirs , quoi ! Baliet se refuse ! Mademoiselle, auriez-vous un amant?

De mon neveu le jockey vous amuse ; Mais, songez-y, je fais mon testament.

Docile enfin, livre sans résistance A mes baisers ce soin ijui m'a séduit. Allons, Babet, un peu de complaisance, T'n lait de poule et mon bonnet de nuit.

N'expose plus à des travaux pénibles Cette main douce et ce teint des plus frais ; Auprès de moi coule des jours paisibles; Que mille atours relèvent tes attraits.

L'amour par eux m'a rendu sa puissance : Ne vois-tu pas sou flambeau qui me luit? Allons, Babet, un peu de complaisance, l'n lait de poule et mon lionnet de nuit.

Ali ! tu te rends, tu cèdes à ma flamme ! Mais la nature, bêlas! trabit mon cœur. Ne pleure point; va, tu seras ma femme, Malgré mon âge et le public moqueur.

Fais donc si bien que ta douce influence Rende à mes sens la chaleur qui me fuit. Allons. Babet, un peu de complaisance, T'n lait de poule et mon bonnet de i]\nt,

CHA.XSONb DK li l':i{ AN'IF.U

LE COIN 1)K LAMiriK

CdlPLETS CHANTES l'Ai; T N E IiK M ii I SKI.I, K A l'NE IICINE .M A lil E E . SO.S AMIE

Air : V:uii1.-mIIi> il.' \,i l'arliccanre

L'Amour, l'Hymen, l'Iatérét, la Folie, Aux quatre coins se disputent nos jours. L'Amitié vient comploter la partie ;

Mais qu'on lui fiiit de mauvais tours ! Lorsqu'aux plaisirs l'àmc se livre entit're, Notre raison ne brille qu'à moitié, Et la Folie attaque la première Le coin de l'Amilié.

L'Hymen arrive : oii! tomljieu ouïe l'été!

L'Amitié seule apprête ses atours;

Mais dans les soins qu'il vient nous mettre en létc

Il nous renferme pour toujours.

Ce dieu, chez lui calculant à toute heure, Y laisse enfin l'Hiférét prendre pied, Et trop souvent lui donne pnur denieurc Le coin de l'Amitié.

Puis vient l'Amour, joueur malin et traitre, (vHii de tromper éprouve le besoin.

En tricherie on le dit passé maître; l'au\re Amitié, gare à ton coin!

('e dieu jaloux, drs qu'il \i)i1 qu'on l'adure, A tout soumettre aspire sans pitié.

Vous cédez tout; il veut avoir encore Le coin de l'Amitié.

Auprès de toi, nous ne craignons, ma chère ,

ISi l'Intérêt , ni les folles erreurs;

Mais aujourd'hui, que l'Hymen et son frère

Inspirent de crainte à nos ca}urs !

haus plus d'un coin, oii de Heurs ils se pariMil. Piiur ton bonheur, qu'ils régnent de moitié; Mais ([ue jamais, jamais ils ne s'emparent lui roin de l'Amitié.

CHANSONS DE DERANGER

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