L'ALCHIMISTE
AïK de la UoiJiiu Vieille, ou d'AiulIpiie.
Tu vas, di3-tu, vieux et pauvre akliiiuiïle, Tirer de l'or des métaux iudigeats, Et, faisant plus pour moi que l'âge attriste, Me rajeunir par de seCrets agents.
J'ouvre ma bourse à ta science occulte;
Mon cœur crédule au grand œuvre a recours.
Chacun pourtant conservera son culte.
Tout \\<T pour toi, mais rends-moi mes beaux jour».
CHANSONS DB BÉRANGER
Sur ce brasier soultle donc eu silence ,
Ou d'un vieux livre interroge les mots.
Ton art est sur : le Pactole et Jouvence
Dans ce creuset vont marier leurs flots.
L'œil sur ce feu , que tu rêves de choses !
Vois-tu déjà le sourire des cours?
Moi, pour mou front je n'attends que des roses.
Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours.
Ivre d'espoir, quel délire t' égare 1
" 0 rois! dis-tu, baisez mes pieds poudreux.
" J'aurai plus d'or que Cortez et Pizarre
« N'en ont conquis pour d'autres que pour eux. »
Naguère encor, toi qui vivais d'aumônes ,
Déjà l'orgueil rugit dans tes discours.
Achète au poids et sceptres et couronnes.
Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours.
Oui , reuds-moi-les avec mou indigence ; Rends à mou âme un cnrps plus vigoureux; A mon esprit ùtc l'expérience ; Souffle en mou rceur un sauj;- idiis généreux.
Puis, t'échappant de ton palais de marbre, En char pompeux bercé sur le velours, Vois-moi dormir, heureux au pied d'un arbre. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours
Je sais pourtant ce que vaut la richesse ; Mais j'aime encor; je possède, et cent fois J'ai craint de voir ma trop jeune maîtresse Compter mes ans et les siens par ses doigts. C'est du soleil qui sied à sa peau brune ; C'est de l'été qu'il faut à nos amours. Celle que j'aime est sourde à la fortune. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours
Mais au creuset ta main que trouve-t-elle '.' Rien ! te voilà plus pauvre et moi plus vieux. «tNon, non, dis-tu; demain lune nouvelle; « Recommençons; demain nous serons dieux. •■> Tu mens, vieillard; mais d'erreurs caressantes J'ai tant besoin, que je te crois toujours. Sur mon front nu vois ces rides naissantes. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours
CHANSONS DE BRRANOER
GOTTON
Am 'los Cancan^.
Deux vieilles disaient tout bas :
Belzébuth prend ses ébats.
Voyez en robe , en manteau , Gotton, servante au château.
C'est par-ci, c'est par-b'i , Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c'est par-là.
C'est le diable en falbala.
Son maître est jouet d'un sort; Oui, de l'enfer elle sort.
Gageons que son brodequin Nous caclii' un pied de lp(iui|uiii.
C'est par-ci, c'est par-là, Trala , trala , tralala ;
C'est par-ci, c'est par-là , C'est le diable en falbala.
Au vieux baron dès qu'cili' eiil Fait abjurer son salut.
(iottoa, rouç;e dn lioulirur.
Se cr('a dame, d'iioniicur.
C'est par-ci, c'est par-là , Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c'est par-là.
C'est le diable en falbala,
P«i(.Mi que le chemin suit \nw^ I>i' la luisiui' ail saluu.
.J'en viens, dit-elle, à mes fins :
Dormons tard dan< i\c< draps fiu^
C'est par-ci, c'est par-là.
'J'rala, trala, tralala; C'est par-ci , c'est par-là .
C'est le diable en falbala.
Depuis lors, certain valet, N'ouvrant qu'un coin du volet .
Au lit, d'un air échauff(^'.
Porte à Gotton son café.
C'est par-ci, c'est par-là.
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c'est par- là.
C'est le diable en falbala.
Au château tous empâtés , Que d'ânes elle a bâtés I Notre maire, qui l'a fait?
Gotton et le sous-préfet.
C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala ,
C'est par-ci , c'est par-là .
C'est le diable en falbala.
A l'église , Dieu ! quel ton !
Suisse, au banc menez Gotton.
Pour lorgner le sacripant Qu'elle-même a faft serpent.
CHANSONS DE BERANGER
C'est par-r.i, c'est par-là, Trala, trala, tralala;
C'est par-ci , c'est par-là , C'est le diable en falbala.
Mais quoi ! l'infâme, aux jours gras, Du beau curé prend le bras; L'appelle petit coquin, Et l'habille en arlequin !
C'est par-ci , c'est par-là .
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci , c'est par-là , C'est le diable en ftilliatn.
Elle a tout : meubles, chevaux, Bals, festins, atours nouveaux;
Riche, on l'accueille en tout lieu.
Puis, courez donc prier Dieu !
C'est par-ci , c'est par-là , Trala , trala , tralala ;
C'est par-ci, c'est par-là.
C'est le diable en falbaln.
L'enfer donne à ses suppôts Trésors , plaisirs et repos :
J'en conclus qu'il est écrit Que Gotton est l'Antéchrist.
C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c'est par-là.
C'est le diable en falbala.
CHANSONS PE RHRANGER