‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 223 sur 340 · L'ALCHIMISTE · texte numérisé non relu

L'ALCHIMISTE

AïK de la UoiJiiu Vieille, ou d'AiulIpiie.

Tu vas, di3-tu, vieux et pauvre akliiiuiïle, Tirer de l'or des métaux iudigeats, Et, faisant plus pour moi que l'âge attriste, Me rajeunir par de seCrets agents.

J'ouvre ma bourse à ta science occulte;

Mon cœur crédule au grand œuvre a recours.

Chacun pourtant conservera son culte.

Tout \\<T pour toi, mais rends-moi mes beaux jour».

CHANSONS DB BÉRANGER

Sur ce brasier soultle donc eu silence ,

Ou d'un vieux livre interroge les mots.

Ton art est sur : le Pactole et Jouvence

Dans ce creuset vont marier leurs flots.

L'œil sur ce feu , que tu rêves de choses !

Vois-tu déjà le sourire des cours?

Moi, pour mou front je n'attends que des roses.

Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours.

Ivre d'espoir, quel délire t' égare 1

" 0 rois! dis-tu, baisez mes pieds poudreux.

" J'aurai plus d'or que Cortez et Pizarre

« N'en ont conquis pour d'autres que pour eux. »

Naguère encor, toi qui vivais d'aumônes ,

Déjà l'orgueil rugit dans tes discours.

Achète au poids et sceptres et couronnes.

Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours.

Oui , reuds-moi-les avec mou indigence ; Rends à mou âme un cnrps plus vigoureux; A mon esprit ùtc l'expérience ; Souffle en mou rceur un sauj;- idiis généreux.

Puis, t'échappant de ton palais de marbre, En char pompeux bercé sur le velours, Vois-moi dormir, heureux au pied d'un arbre. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours

Je sais pourtant ce que vaut la richesse ; Mais j'aime encor; je possède, et cent fois J'ai craint de voir ma trop jeune maîtresse Compter mes ans et les siens par ses doigts. C'est du soleil qui sied à sa peau brune ; C'est de l'été qu'il faut à nos amours. Celle que j'aime est sourde à la fortune. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours

Mais au creuset ta main que trouve-t-elle '.' Rien ! te voilà plus pauvre et moi plus vieux. «tNon, non, dis-tu; demain lune nouvelle; « Recommençons; demain nous serons dieux. •■> Tu mens, vieillard; mais d'erreurs caressantes J'ai tant besoin, que je te crois toujours. Sur mon front nu vois ces rides naissantes. Tout l'or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours

CHANSONS DE BRRANOER

GOTTON

Am 'los Cancan^.

Deux vieilles disaient tout bas :

Belzébuth prend ses ébats.

Voyez en robe , en manteau , Gotton, servante au château.

C'est par-ci, c'est par-b'i , Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbala.

Son maître est jouet d'un sort; Oui, de l'enfer elle sort.

Gageons que son brodequin Nous caclii' un pied de lp(iui|uiii.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala , trala , tralala ;

C'est par-ci, c'est par-là , C'est le diable en falbala.

Au vieux baron dès qu'cili' eiil Fait abjurer son salut.

(iottoa, rouç;e dn lioulirur.

Se cr('a dame, d'iioniicur.

C'est par-ci, c'est par-là , Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbala,

P«i(.Mi que le chemin suit \nw^ I>i' la luisiui' ail saluu.

.J'en viens, dit-elle, à mes fins :

Dormons tard dan< i\c< draps fiu^

C'est par-ci, c'est par-là.

'J'rala, trala, tralala; C'est par-ci , c'est par-là .

C'est le diable en falbala.

Depuis lors, certain valet, N'ouvrant qu'un coin du volet .

Au lit, d'un air échauff(^'.

Porte à Gotton son café.

C'est par-ci, c'est par-là.

Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par- là.

C'est le diable en falbala.

Au château tous empâtés , Que d'ânes elle a bâtés I Notre maire, qui l'a fait?

Gotton et le sous-préfet.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala ,

C'est par-ci , c'est par-là .

C'est le diable en falbala.

A l'église , Dieu ! quel ton !

Suisse, au banc menez Gotton.

Pour lorgner le sacripant Qu'elle-même a faft serpent.

CHANSONS DE BERANGER

C'est par-r.i, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci , c'est par-là , C'est le diable en falbala.

Mais quoi ! l'infâme, aux jours gras, Du beau curé prend le bras; L'appelle petit coquin, Et l'habille en arlequin !

C'est par-ci , c'est par-là .

Trala, trala, tralala;

C'est par-ci , c'est par-là , C'est le diable en ftilliatn.

Elle a tout : meubles, chevaux, Bals, festins, atours nouveaux;

Riche, on l'accueille en tout lieu.

Puis, courez donc prier Dieu !

C'est par-ci , c'est par-là , Trala , trala , tralala ;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbaln.

L'enfer donne à ses suppôts Trésors , plaisirs et repos :

J'en conclus qu'il est écrit Que Gotton est l'Antéchrist.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbala.

CHANSONS PE RHRANGER

Page 1