‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 252 sur 340 · LES ÉCHOS · texte numérisé non relu

LES ÉCHOS

On prrlip nn çuA. et c'est un fait notoire Que les éolios sont tous des esprits purs, f'diir leurs péchés tombés en purgatoire, Icins nos vallons, dans nos bois, dans nos murs; T;nil qu'ici-bas dure leur pénitence, Tout cri, tout mot, est répété par eux. C'est leur supplice; il est cruel en Franco. Les rclius sont trop uiallieur(Mix.

Plusieurs d'entre eux, délivrés de no? langes. Pauvres forçats par d'autres remplacés, Rentrés au ciel, à leurs frères les anges Parlaient ainsi de leurs tourments passés : Bans ses salons, ses cafés, ses écoles, Piiur nous Paris est surtout bien affreux : A tiius les vents il y pleut des paroles. Les échos sont trop malheureux.

L'un d'eux ajoute : A l'Institut, mes frères, .T'eus po\ir prison des murs retentissants. Doctes concours, spectacles littéraires, M'enflaient sans fin de mots vides de sens. Réglant science , art, vers, morale, histoire. Là, que de nains, au cerveau plat et creux. Prenaient ma voix pour trompette de gloire! Les échos sont trop malheureux.

-Miii, dit l'érlio du Palais de justice. J'eus part forcée à d'absurdes arrêts.

Des becs retors et martyr et complice.

Que de clients j'ai ruinés en frais!

Des gens du roi j'allongeais l'éloquence. Plus d'un haut rang ils étaient désireux. Plus leur faconde effrayait l'innocence.

Les échos sont trop malheureux.

Uu autre dit : Dans une basilique.

Près de la chaire, hélas! je fus logé. Des sermonneurs ferai-je la critique Et de la foi de messieurs du clergé?

Tous en bâillant de Dieu chantaient la ghiir.'. Tous sur l'enfor brodaient pour les iieureuv ; Et l'orgue seul au Très-Haut semblait cruirt". Les éclios sont trop malheureux.

Palais Bourbon, j'ai subi tes séances!

S'écrie enfin de tous le plus puni :

De la tribune, écueil des consciences, Un Manuel serait encor banni.

Paix! disait-on, quand venait me surprendre Dans cent discours quelque mot généreux ; Écho, paix donc! les rois vont nous entendre. Les échos pont trop malheureux.

A bas la loi qui de nous, pauvres anges, Fait les échos d'un peuple de bavards!

Clament en choeur les célestes phalanges : L'art de parler est le plus sot des arts. Nos remplaçants, déjà las du martyre.

Se croient en butte aux esprits ténébreux : Tous ont crié : De l'enfer Dieu nous tirel Les échos sont trop malheureux.

CHANSONS DE BERANGER

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