‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 293 sur 340 · L'ARGENT · texte numérisé non relu

L'ARGENT

A UN AiMI

Am ; AUen Jez - moi sous l'orrac.

Ami, viens à mon aide ; Prête-moi cinq cents francs.

L'argent, quel sûr remède Aux maux petits et grands I En ville et sous le chaume , Trois fois heureux celui Qui prodigue ce baume Aux souffrances d'autrui 1

Que coûtent ces richesses?

On me répond tout bas :

Un crime ou des bassesses.

Prince, je n'en veux pas.

Non; l'argent, quoi qu'où dise.

N'est poiut lave d'enfer :

C'est bonne marchandise ; Mais on le vend trop cher.

L'argent ferait ma joie :

On ne le croirait pas ; Car l'honneur dans sa voie M'a guidé pas à pas.

Souvent, près d'un tel maître, J'ai cru voir en chemin Le bonheur m'apparaître, Une bourse à la main.

De prix, un jour, s'il baisse, A Dieu plaise ordonner Qu'enfin je me repaisse De milliards à donner.

Les sots , dont j'aime à rire , Verront si je m'entends A faire la satire Des riches de mon temps.

Qui n'est pas égoïste De l'argent sent le prix.

Dans son orgueil si triste Jean-Jacque en fait mépris.

Moi, je bénis la source Qui , traversant mon sol , Désaltère en sa course Colombe et rossignol.

Dieu n'en voulant rien faire, Ami, sois mon banquier.

Aux écus je préfère Le connnode papier; Ce doux papier de soie Qu'hélas! trop peu souvent La fortune m'envoie , Et qu'emporte le vent.

CHANSONS DE DERANGER

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