‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 297 sur 340 · A UN AMI · texte numérisé non relu

A UN AMI

Ami, plus de promenade.

La pluie à Ilots tombe ici, Tombe à me rendre malade ; Et le ciel n'en a souci.

J'y vois fuir l'année entière, Loin des brouillards importuns, L'œil enivré de lumière.

Et le cerveau de parfums.

Comme au roc se cloue une huitre Que la mer lave en courant, Je reste auprès de la vitre A voir passer le torrent.

Mais, las de pèche et de chasse, L'Esquimau revient joyeux Subir sous son toit de glace La plus longue nuit des cieux.

Sous nos humides uiuraillcs Que transperce un air malsain.

Je crois sentir les tenailles D'un rhumatisme assassin.

De mou rêve je m'ennuie :

Adieu, ciel pur; adieu. Heurs.

Retournons, malgré la pluie, Aux bords où j'ai tous mes pleurs.

A ce point l'ennui me gagne.

Qu'eu rêve, dans mon sommeil, Je vole au fond de l'Espagne Pour me sécher au soleil.

Je reviens où, tendre et folle, Ma jeunesse a tant chanté ; Où le génie est l'idole Qu'encense l'Égalité.

Au pied d'antiques arcades , J'ai, sur ces bords étrangers, Des tentures de grenades Sous des voûtes d'orangers.

Dieu 1 notre ciel se dégage.

Ami, viens, puisqu'il sourit. Viens, nous irons au village Voir si l'amandier lleurit.

CHANSONS DE BERANGER

LE SAliNT

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