‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 3 sur 340 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Ain : La bonoe avaûture.

Momus a pris pour adjoints

Des rimeurs d'école :

Des chansons en quatre points

Le froid nous désole.

Mirliton s'en est allé.

Ah! la muse de Collé,

C'est la gaudriole , Ogué,

C'est la gaudriole.

C'était la régence alors;

Et, sans hyperbole, Grâce aux plus drôles de corps,

La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient

A la gaudriole , Ogué,

A la gaudriole.

Moi, des sujets polissons

Le ton m'affriole.

Minerve dans mes chansons

Fait la cabriole.

De ma grand'mère, après tout, Tartufes, je tiens le goût

De la gaudriole, 0 gué,

De la gaudriole.

On ne rit guère aujourd'hui.

Est-on moins frivole?

Trop de gloire nous a nui;

Le plaisir s'envole.

Mais au Français attristé Qui peut rendre la gaieté?

C'est la gaudriole, Ogué,

C'est la gaudriole.

Elle amusait à dix ans

Son maitre d'école.

Des cordeliers gros plaisants

Elle fut l'idole.

Au prêtre qui l'exhortait, En mourant elle contait

Une gaudriole, Ogué,

Une gaudriole.

Prudes, qui ne criez plus Lorsqu'on vous viole.

Pourquoi prendre un air confus A chaque parole?

Passez les mots aux rieurs :

Les plus gros sont les meilleurs Pour la gaudriole , O gué.

Pour la gaudriole.

CHANSONS DE BERANGER

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