‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 37 sur 340 · MON CURÉ · texte numérisé non relu

MON CURÉ

Am : L'u fhuuuiiii* ilc 1 AUM'i-ivist

liC i'uim'- lie iiiilrc liauicau S'empresse à vider son luniieau.

Pour (juaiid viendra l'antiinuie, Bénissant Dieu de ses présents, A sa nièce, enfant de seize ans,

1! dit parl'ids : Mignonne, Cai lie-niiii Iden ce qu'on fera; Le diable aura ce (ju'il pourra.

i;ii ! zon , zon , zon , Baise-nioi, Suïon,

CHANSONS DE DERANGER

Et ne tlamuons persoime.

Fait pour chasser les loups gloutons.

Dois-je essayer sur les moutons

Si ma houlette est bonne?

Non; mais à mou troupeau je dis :

La paix est un vrai paradis

Qu'ici-bus l'on se donne.

Surtout j'ai soin, tant qu'il se peut.

De ne prêcher que lorsqu'il pleut.

Ehl zon, zon, zon, Baise-moi, Suzon,

Et ne damnons personne.

Les diiuanclies, point ne déi'rnds La joie à ces pauvres enfants;

J'aime alors qu'on s'en donne.

Du cliieur, où seul je suis souvent, Je les entends rire en buvant

Chez la mère Simonne; Ou j'y cours même, s'il le luut.

Les prier de chanter moins haut.

Eli! zon, zon, zon, Baise-nioi, Suzon,

Et ne damnons persoune.

Sans jamais en rien publier, Je vois s'enfler le tablier

De plus d'une l'riponnc.

S'épouse-t-on six mois trop tard ; Faut-il baptiser un bâtard ;

C'est le ciel qui l'ordonne.

Les plaintes fort peu me siéraient :

Le ciel et Suzon en riraient.

Eh ! zon , zon , zon , Baise-moi , Suzon , Et ne damnons personne.

Notre maire, un peu mécréant, A maint sermon répond : Néant;

Mais que Dieu lui pardonne!

Deiiuis qu'à sa table il m'admet, J'ai su qu'à deux mains il semait,

Sans bruit faisant l'aumône; Or la grâce ne peut faillir :

Puisqu'il sème, il doit recueillir.

Eh! zon, zon, zon.

Baise-moi, Suzon,

Et ne daumons personne.

Je préside a tous les banquets, .

A ma l'été j'ai des bouquets.

Et l'on remplit ma tonne.

Mim évéque, triste et bigot, Prétend que je sens le fagot ;

Mais pour qu'un jour, miguunne J'aille où les anges font leurs nid>, Revoir tous ceux que j'ai bénis.

Ehl zou, zon, zon.

Baise-moi, Suzon.

Et ue damnons personne.

CHANSONS DE BÉRANGER

LES PAUQUES

Alii : mil' .'tiiiu' Il i-iiv, l'IIi* niiiif' à Imirc.

Sages et fous, gueux cl momirque?, Apprenez uu fait tout nouveau :

Bacchus a vidé son caveau Pour remplir la coupe des Parques.

C'est afin de plaire aux Amours, Qui chantaient d'une voix sonore :

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours!

Du monde éternelle ennemie, Atropos, au fatal ciseau.

Buvant à longs traits et sans eau , Sur la table tombe endormie; Mais ses deux sœurs filent toujours, Souriant à qui les implore.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours!

Lachésis, remplissant sa lasse, S'écrie : AIropos dort enfin!

Mais, trop sec, luMas! et trop liu, .Te crains que iimn lil ne se casse.

Pour le tremper ayons recours A ce nectar qui me restaure.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses bea\i\ jour?!

Garnissant sa quenouille immense,

flolliii lui (lit : Oui , travailliius;

De vin arrosons les sillons

Où (le mon liu croit la semeure.

Cette rosée aura toujours

Le pouvoir de la faire éclore.

(vUie tout morte! .ajoute encore

Des jours heureux à ses beaux jours!

Quand ces Parques, vidant bouteille.

Filent nos jours sans nul souci , Nous qui buvons gaiement ici.

Craignons qu" Atropos ne s'éveille.

(.Hi'elle dorme au gré des Amours, El répétons à chacjue aurore :

<,)ue tout miirl(d ajoute enrore Des jniu's iieureux à ses ])eaii\ jours!

CHANSONS DE BERANGER

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