‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 56 sur 340 · LES ROMANS · texte numérisé non relu

LES ROMANS

A SriPlUE, QUI ME TRIAIT DE COMPOSER UN ROMAN POUR LA DISTRAIRE

AiFi ; J'ai vu pnrl.iiit ilans mo< vaynîrea.

Tu veux que pour toi je comiiose Un long roman qui fasse effet, A tes vœux ma raison s'oppose; Un long roman n'est plus mon fait.

Quand l'homme est loin de son aurore, Tous les romans deviennent courts; Et je ne puis longtemps encore Prolonger celui des amours.

Heureux qui peut dans sa maîtresse Trouver l'amitié d'une sœur!

Des plaisirs je te dois l'ivresse , Et des tendres soins la douceur.

Des héros, des prétendus sages Les longs romans, qui font pitié, Ne vaudront jamais quelques pages Du doux roman de l'amitié.

Triste roman que notre histoire!

Mais, Sophie, au sein des amours, De ton destin, j'aime à le croire. Les plaisirs charmeront le cours.

Ah! puisses-tu, vive et jolie, Longtemps te couronner de fleurs.

Et sur le roman de la vie Ne jamais répandre de pleurs!

CHANSONS DE BERANGER

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