‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 60 sur 340 · L'HABIT DE COUR · texte numérisé non relu

L'HABIT DE COUR

VISITE A l'NE ALTIiSSE

Aui : AlIi'i-vuHî"*jn. jrt'n» lU- In iiurci

Ne répondez iilus de personne, Je veux devenir courtisan.

Fripier, vite, que l'on me donne U.

La défroque d'un chambcUau.

Un grand prince à moi s'intéresse; Courons assiéger son séjour.

Ali! quel heau jour! Dis.

Je vais au palais d'une altpssc, Kt j'achi'fe un habit de cour.

Drjà. me tirant par l'oreille.

I/anibitiuii liàte mes pas.

Kt mou riche habit me conseille D'apprendre à m'incliner bien lias.

Déjà l'on me fait politesse, Déjà l'on m'attend au retour.

Ah! quel beau jour!

Je vais saluer une altesse .

Et je porte un habit de cour.

is'ayant point cncor d'équipayc, Je pars à pied modestement.

Quand de bons vivants, au passaye.

M'otfrent un déjeuner charmant.

J'accepte; mais que l'on se presse, Dis-je à ceux qui me font ce tour.

Ahl quel beau jour!

Messieurs, je vais voir une altesse; Respectez mon habit de cour.

Le déjeuner l'ait, je m'esquive;

Mais l'un de nos anciens amis

Me réclame, et, joyeux convive.

A sa noce je suis admis.

>Jonibreux llacons, chants d'allégresse.

De notre table font le ttiur.

Ah! quel beau jour!

Pourtant j'allais voir une altesse,

CHANSONS DE DÉRANGER

Et j'ai mis un habit de cour.

Enlin. malgré l'aï qui mousse.

J'en veux venir à mon honneur.

Tout en chancelant, je me pousse Jusqu'au palais de monseigneur.

Mais, à la porte où l'on se presse, Je vois Rose, Rose et l'amour.

Ah ! quel beau jour!

Rose, qui vaut bien une altesse, ■ N'exige point l'habit de cour.

Loin du palais où la coquette Vient parl'ois lorgner la grandeur, Elle m'entraîne à sa chanibrette, Si favorable à notre ardeur.

Près de Rose, je le confesse, Mon habit me parait bien lourd.

Ah! quel beau jour!

Soudain, oubliant son altesse, J'ai quitté mon habit de cour.

D'une ambition vaine et sotte Ainsi le rêve disparait.

Gaiement je reprends ma marotte. Et m'en retourne au cabaret.

Là je m'endors dans une ivresse (^ui n'a point de fâcheux retour.

Ah! quel beau jour!

A qui vouilra voir son altesse Je donne mon iiabit de tour.

CHANSONS DE BERANGER

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