‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 71 sur 340 · MA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

MA RÉPUBLIQUE

Ain 'l'i vjimlovUli' (le la l'ctilf liuilvorijuiiU'.

J'ai pris guùt ;'i la ri'publiqui; Depuis que j'ai vu taut de rois.

Je m'en fais une, et je m'applique A lui donner de bonnes lois.

On n'y commerce que pour boire, Un n'y juge qu'avec gaieté, Ma table est tout son territoire; Sa devise est la iihort('.

Amis, prenons lous notre verre :

Le sénat s'assemble aujourd'hui.

D'abord , par un arrêt sévère ,

A januiis proscrivons l'ennui.

Quoil proscrire? Ahl ce mot doit être

Inconnu dans notre cité.

Chez nous l'ennui ne pourra naître :

Le plaisir suit la liberté.

Du luxCi dont elle esl blessée, La joie ici di-feml l'abus; Point d'entraves à la pensée, Par ordonnance de Bacchus.

A son gré que chacun proCesse Le culte de sa déité; (,'u'on puisse aller même à la messe : Ainsi le veut la liherli''.

La noblesse est trop abusive :

Ne parlons point de nos aïeux.

Point de titre, même au convive Qui rit le plus ou boit le mieux.

Et si quelqu'un, d'iiunieur traîtresse, Aspirait à la royauté, Plongeons ce César dans l'ivresse.

Nous sauverons la liberté.

Trinquons à nuire républiqu(!, Pour Voir son destin all'eruii.

Mais ce peuple si pai'ili(jue I>éjà redoute un ennouii :

C'est Lisette qui nous rappelle Sous les li.iis de la volupti'.

Elle veut régner, elle est belle; C'en est l'ait de la liberté.

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