III
Voyez , verre en main , bouche pleine , Fous déguisés de vingt façons , Mes amis m'oublier sans peine, Tout en répétant mes chansons.
Avec eux , ma verve en démence Eût perdu ses traits acérés.
J'aurais pu boire à la clémence :
Mon bon Roi, vous me le paierez.
Vous connaissez Lise la folle , Qui sur mes fers pleure d'ennui ; Ce soir même un bal la console :
«Bah! dit-elle; tant pis pour lui! »
J'allais, pour complaire à la belle, Nous peindre heureux sous votre loi ; Serviteur ! Lise est infidèle :
Vous me le paierez, mon bon Roi.
Dans mon vieux carquois où font brèche Les coups de vos juges maudits, Il me reste encore une flèche ; J'écris dessus ; Pour Charles-Dix.
Maigre ce mur qui me désole, Malgré ces barreaux si serrés , L'arc est tendu , la flèche vole :
Mon bon Roi, vous me le paierez.