‹ Chansons de P.J. de Béranger (volume 2)Chapitre 77 sur 95 · POT-POURRI · texte numérisé non relu

POT-POURRI

Air : Ainsi jadis uu grand prophète.

Sur le compte de son Thésée Qui l'abandonnait dans Naxos, Ariane désabusée Faisait retentir les échos.

« Aucun homme, hélas ! disait-elle, » Ici ne se montre à mes yeux !

» Pleurons, pleurons mon infidèle, » Je n'ai rien à faire de mieux.

Air : Si Pauline est dans l'indigence.

» Mes regrets n'aui*ont point de terme,

» Tout le rappelle à mon amour :

» Voici l'ombrage où tendre et ferme

» Douze fois il me fit sa cour.

» Ici par un effort superbe,

» Il usa de précaution,

» Et je crois voir encor sur l'herbe

» Les traces de sa passion.

Air : Au coin du feu.

» Depuis que je le pleure, » Combien de fois, par heure,

» Ai-je bâillé 1 » Mon cœur en fait la moue, » C'est en vain que je joue

» Au doigt mouillé. »

Air : Mirliton, mirlitaine.

A ce jeu de filles sages Elle s'amusait grand train, Lorsqu'au loin dans ces parages Retentit un gai refrain.

Ariane, vers la rive Tourne un regard langoureux.

Est-ce un mirliton, dit-elle, qui m'arrive. Est-ce un mirliton ou deux ?

Air : La prétentaine , la pretenton.

Buvons, buvons, Le vin convie, Nous le pouvons ; Menons joyeuse vie.

Buvons, buvons.

En débarquant dans ces lieux, Ainsi Bacchus et sa troupe

Chantaient ce refrain joyeux Et buvaient à pleine coupe.

Buvons, buvons, Le vin convie, Nous le pouvons ; Menons joyeuse vie, Buvons, buvons.

Moquons-nous des insensés Qui censurent nos folies; Satyres nerveux, dansez.

Dansez, Bacchantes jolies.

Buvons, buvons, Le vin convie.

Nous le pouvons ; Menons joyeuse vie.

Buvons, buvons.

Allons, guidés par Bacchus, Nous que l'amour accompagne, Faire à Paris des cocus Et des vendanges en Champagne.

Buvons, buvons, Le vin convie.

Nous le pouvons ; Menons joyeuse vie.

Buvons, buvons.

Air : Mon père était pot.

Venaient des gens déguenillés

Avec tambour de basque^ Qui de vin s'étaient barbouillés Pour plaire au dieu fantasque ; Tous, le thyrse en main, Troussaient en chemin De ces beautés que j'aime, Et, pour faire mieux.

Plus d'une à leurs yeux Se troussait elle-même.

Air : Quand la Mer-Rouge apparut.

Près de Silène gaillard,

On voyait paraître Maître A.dam, Piron, Panard

Et Collé, mon maître ; Mais nul, de ce joyeux corps, Aux yeux d'Ariane alors,

Pour les airs grivois,

N'égalait en voix.

En vigueur, En longueur,,

En force d'haleine,

L'ame de Silène.

Air : Servantes , quittez vos paniers.

Bacchus, voyant qu'elle est à sec,

Veut la rendre à la vie.

Par un F..., dit-il en grec, Belle, j'en meurs d'envie.

Elle juge, à l'air de son chef.

Qu'il n'est pas toujours aussi bref ;

Vite elle répond par un F...

Monsieur, j'en suis ravie.

Air : Tout le long de la rivière.

« Es-tu pucelle, dit Bacchus?

» — Je crois, Monsieur, ne l'être plus.

» — Si je te fais cette demande,

» C'est que ma taille est forte et grande. »

La belle ne s'effrayant pas,

Dans sa barbe riait tout bas.

Et dit : « Monsieur, lorsque j'ai le teint jaune, » J'en voudrais avoir le long, le long de l'aune ; » J'en voudrais avoir le long de l'aune. »

Air : Un rigaudon, zig-zag.

Bacchus, peu propre aux longs discours, A défait sa bretelle.

Trois fois il boit à ses amours.

Puis il fond sur la belle ; Buveurs et catins, près d'eux,

Sur l'herbe, tombent par deux, Et le père Silène,

Que Vénus secouait en vain.

Frappant sur sa bedaine, Chante le Dieu du vin.

Air : Le fleuve d'oubli, biribi.

Amis, Bacchus vendange, Et pour aide en ce jour

Prend l'amour; La grappe qu'il arrange Dans un cuvier profond.

Touche au fond.

Vendangeurs, que le vin coule

Lorsqu'à cessé le cours Des beaux jours où l'on fou... le.

Bacchus et son amante Pressent à tours de reins

Les raisins ; Du cuvier qui fermente On voit du vin qui sort

Par le bord.

Vendangeurs, que le vin coule

Lorsqu'à cessé le «ours Des beaux jours où l'on fou. . .le.

Ariane abreuvée De ce jus enivrant,

En répand ; De cuvée en cuvée, Bacchus fou... le plus fort.

Sans effort.

Vendangeurs, que le vin coule

Lorsqu'à cessé le cours Des beaux jours où l'on fou... le.

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