‹ Chansons de P.J. de Béranger (volume 2)Chapitre 85 sur 95 · ELOGE DE L'ABBE CERBERE · texte numérisé non relu

ELOGE DE L'ABBE CERBERE

Air : Monsieur l'abbé, où courez-vous ?

Saint-Roch un jour dit dans les deux, Collègues, foin des envieux.

Il faut qu'on se ne fie En rien

A la philosophie,

Vous m'entendez bien.

Vous êtes des Jean ! . . ., c'est le mot, Pour moi je transforme aussitôt

Par un secret magique.

Mon chien

En roquet satirique,

Vous m'entendez bien.

Sur son cul le chien se mettant, Un coup de pied, zeste ! à l'instant A Paris nous l'envoie

' Celle chanson , faite contre un journalisle trop fameux , a été publiée en 1809.

Eh bien!

Aussitôt il aboie, Vous m'entendez bien.

Voltaire attaque aux sombres bords De Fréron, du diable et des morts

Les préjugés sans nombre ; Le chien

Aboie après son ombre,

Vous m'entendez bien.

Nous philosophons aux Français^ Mais de peur qu'un jour de succès

Satan ne nous emporte, Le chien

Doit en garder la porte.

Vous m'entendez bien.

Gueule ouverte à ses ennemis.

Gueule ouverte à ses bons amis,

Il avale sans tordre, Eh bien!

Et ne vit que de mordre,

Vous m'entendez bien.

Pour une actrice ayant santé,

Dans les royaumes sombres,

S'il est des préjugés, j'en guérirai les ombres. Voltaire , Epître à Boileau,

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Aux amateurs il a vanté Ses attraits et sa grâce,

Eh bien!

Il est son chien de chasse, Vous m'entendez bien.

Auteurs qui voulez l'assommer, Tout Paris peut vous affirmer Qu'il court à son breuvage.

Trop bien Pour qu'on craigne la rage ; Vous m'entendez bien.

O grand Saint-Roch ! du haut des cieux Voyez comme on l'aime en tous lieux.

Sur un coffre il renifle, Le chien,

Et partout on le siffle,

Vous m'entendez bien.

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