‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 104 sur 145 · LA REVERIE · texte numérisé non relu

LA REVERIE

Air : La Signora malade.

Loin d'une Iris volage Qu'un seigneur m'enlevait, Au printemps sous l'ombrage, Un jour mon cœur rêvait.

Privé d'une infidèle, Il rêvait qu'une autre belle Volait à mon secours.

Venez, venez, venez, mes amours! (bis.)

Cette belle était tendre, Tendre et fière à la fois ; Il me semblait l'entendre Soupirer dans les bois.

C'était une princesse Qui respirait la tendresse Loin de l'éclat des cours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Je l'entendais se plaindre Du poids de la grandeur.

Cessant de me contraindre , Je lui peins mon ardeur.

Mes yeux versent des larmes , Ravis de voir tant de charmes

Sous de si beaux atours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Telle était la merveille Dont je flattais mes sens; Quand soudain mon oreille S'ouvre aux plus doux accens.

Si c'est vous, ma princesse, Des roses de la tendresse Venez semer mes jours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Mais, non : c'est la coquette Du village voisin, Qui m'offre une conquête, En corset de baèin.

Grandeurs, je vous oublie!

Cette fille est si jolie!

Ses jupons sont si courts!

Venez, venez, venez, mes amours!

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