‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 24 sur 145 · CE QUE SERONT NOS ENFANS · texte numérisé non relu

CE QUE SERONT NOS ENFANS

Air : Allez-vous-en, gens de la noce.

Je le dis sans blesser personne, Notre âge n'est point l'âge d'or ; Mais nos fils, qu'on me le pardonne, Vaudront bien moins que nous encor.

Pour peupler la machine ronde , Qu'on est fou de mettre du sien !

Ali! pour un rien,

Oui, pour un rien, Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

En joyeux gourmands que nous sommes.

Nous savons chanter un repas ; Mais nos fils , pesans gastronomes , Boiront et ne chanteront pas.

D'un sot à face rubiconde Ils feront un épicurien.

Ah ! pour un rien ,

Oui , pour un rien , Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Grâce aux beaux esprits de notre âge ,

L'ennui nous gagne assez souvent;

Mais deux Instituts, je le gage,

Lutteront dans 1 âge suivant.

De se recruter à la ronde

Tous deux trouveront le moyen.

Ah! pour un rien,

Oui, pour un rien, Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Nous aimons bien un peu la guerre,

Mais sans redouter le repos.

Nos fils, ne se reposant guère,

Batailleront à tout propos.

Seul prix d'une ardeur furibonde,

Un laurier sera tout leur bien.

Ah! pour un rien,

Oui , pour un rien , Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Nous sommes peu galans sans doute, Mais nos fils, d'excès en excès, Égarant l'amour sur sa route, Ne lui parleront plus français.

Il traduiront , Dieu les confonde !

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