‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 54 sur 145 · L'HOMME RANGÉ · texte numérisé non relu

L'HOMME RANGÉ

Air : Eb ! Ion Ion la , landerirette.

Maint vieux parent me répète Que je mange ce que j'ai.

Je veux à cette sornette Répondre en homme rangé :

Quand on n'a rien ,

Landerirette , On ne saurait manger son bien.

Faut-il que je m'inquiète Pour quelques frais superflus ?

Si ma conscience est nette, Ma bourse l'est encor plus.

Quand on n'a rien,

Landerirette , On ne saurait manger son bien.

Un gourmand dans son assiette, Fond le bien de ses aïeux; Mon hôte à crédit me traite ; J'ai bonne chère et vin vieux.

Quand on n'a rien,

Landerirette , On ne saurait manger son bien.

Que Dorval, à la roulette, A tout son or dise adieu :

J'y joûrais bien en cachette; Mais il faudrait mettre au jeu...

Quand on n'a rien, Landerirette , On ne saurait manger son bien.

Mondor, pour une coquette, Se ruine en dons coûteux; C'est pour rien que ma Lisette Me trompe et me rend heureux.

Quand on n'a rien,

Landerirette, On ne saurait manger son bien.

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