‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 76 sur 145 · A MON AMI DÉSAUGIERS · texte numérisé non relu

A MON AMI DÉSAUGIERS

PRESIDENT DU CAVEAU MODERNE, ET DIRECTEUR DU VAUDEVILLE. l8l5.

Air : De la Catacoua.

Bon Désaugiers, mon camarade, Mets dans tes poches deux flacons :

Puis rassemble, en versant rasade, Nos auteurs piquans et féconds.

Ramène-les dans l'humble asile Où renaît le joyeux refrain.

Eh ! va ton train , Gai boute-en-train!

Mets-nous en train , bien en train , tous en train , Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Rends-lui, s'il se peut, le cortège Qu'à la Foire il a fait briller ; L'ombre de Panard te protège ; Vadé semble te conseiller. Fais-nous apparaître à la file Jusqu'aux enfans de Tabarin.

Eh ! va ton train , Gai boute-en-train!

Mets-nous en train, bien en train, tous en train,

a-> 214 iMt

Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Au lieu de fades épigrammes , Qu'il aiguise un couplet gaillard :

Collé, quoi qu'en disent nos dames, Est un fort honnête égrillard.

La gaudriole qu'on exile Doit refleurir sur son terrain.

Eh ! va ton train ,

Gai boute-en-train !

Mets-nous en train , bien en train , tous en train , Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Malgré messieurs de la police, Le vaudeville est né frondeur ; Des abus fais ton bénéfice, Force les grands à la pudeur; Dénonce tout flatteur servile A la gaîté du souverain.

Eh! va ton train,

Gai boute-en-train !

Mets-nous en train , bien en train , tous en train , Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Sur la scène où plus à son aise Avec toi Momus va siéger, Relève la gaîté française

A la barbe de l'étranger.

La chanson est une arme utile Qu'on oppose à plus d'un chagrin.

Eh! va ton train, „,

Gai boute-en-train !

Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Verse, ami, verse donc à boire;

Que nos chants reprennent leur cours.

Il nous faut consoler la gloire;

Il faut rassurer les amours.

Nous cultivons un champ fertile

Qui n'attend qu'un ciel plus serein.

Eh ! va ton train ,

Gai boute-en-train !

Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

è-> 216 <-aE MA VOCATION.

Air : Attendez-moi sous l'orme.

Jeté sur cette boule, Laid , chétif et souffrant ; Etouffé dans la foule, Faute d'être assez grand; Une plainte touchante De ma bouche sortit ; Le bon Dieu me dit : Chante, Chante , pauvre petit ! (bis)

Le char de l'opulence M 'éclabousse en passant ,* J'éprouve l'insolence Du riche et du puissant; De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante , Chante, pauvre petit!

D'une vie incertaine Ayant eu de l'effroi, Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi.

La liberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante , pauvre petit !

L'Amour, dans ma détresse, Daigna me consoler ; Mais avec la jeunesse Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!

Chanter, ou je m'abuse, Est ma tâche ici bas.

Tous ceux qu'ainsi j'amuse Ne m'aimeront-ils pas?

Quand un cercle m'enchante, Quand le vin divertit; Le bon Dieu me dit : Chante , Chante, pauvre petit ! {bis)

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