‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 89 sur 145 · >. 257 «-« LA COCARDE BLANCHE · texte numérisé non relu

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COUPLETS

FAITS POUR DiS DINER OU l'ON CELEBRAIT 1,'aNNIVERSAIRE DE LA PREMIERE ENTRÉE DES RUSSES, DES AUTRICHIENS ET DES PRUSSIENS A PARIS.

3o MARS l8l6.

Air : Des Trois Cousines.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Chantons ce jour cher à nos belles, Où tant de rois par leurs succès Ont puni les Français rebelles, Et sauvé tous les bons Français.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur ; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Les étrangers et leurs cohortes Par nos Vœux étaient appelés.

Qu'aisément ils ouvraient les portes Dont nous avions livré les clefs !

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Jour de paix , jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur ; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Sans ce jour, qui pouvait répondre Que le ciel, comblant nos malheurs, N'eût point vu sur la tour de Londre Flotter enfin les trois couleurs ?

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur ; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

On répétera dans l'histoire Qu'aux pieds des Cosaques du Don, Pour nos soldats et pour leur gloire, Nous avons demandé pardon.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Appuis de la noblesse antique, Buvons, après tant de dangers, Dans ce repas patriotique, Au triomphe des étrangers.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur • Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Enfin, pour sa clémence extrême, Buvons au plus grand des Henris, A ce roi qui sut par lui-même Conquérir son trône et Paris.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fis le bonheur ; Beau jour, qui vins rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

s-> 260 **i MON HABIT.

Air : Du Vaudeville de Décence.

Sois -moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime!

Ensemble nous devenons vieux.

Depuis dix ans je te brosse moi-même,

Et Socrate n'ei\t pas fait mieux.

Quand le sort à ta mince étoffe

Livrerait de nouveaux combats, Imite- moi : résiste en philosophe.

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Je me souviens, car j'ai bonne mémoire, Du premier jour où je te mis.

C'était ma fête, et, pour comble de gloire, Tu fus chanté par mes amis.

Ton indigence, cmi m'honore, Ne m'a point banni de leurs bras.

Tous ils sont prêts à nous fêter encore;

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

A ton revers j'admire une reprise ;

C'est encore un doux souvenir.

Feignant un soir de fuir la tendre Lise ,

Je sens sa main me retenir.

On te déchire, et cet outrage

Auprès d'elle enchaîne mes pas.

Lisette a mis deux jours à tant d'ouvrage: Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

T'ai -je imprégné des flots de musc et d'ambre Qu'un fat exhale en se mirant ?

M'a- 1- on jamais vu dans une antichambre T'exposer au mépris d'un grand?

Pour des rubans la France entière Fut en proie à de longs débats •

La fleur des champs brille à ta boutonnière :

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Ne crains plus tant ces jours de courses vaines

Où notre destin fut pareil ; Ces jours mêlés de plaisirs et de peines,

Mêlés de pluie et de soleil.

Je dois bientôt, il me le semble,

Mettre pour jamais habit bas.

Attends un peu ; nous finirons ensemble. Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

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