‹ Chansons de routeChapitre 18 sur 60 · LE SOLDAT-PRÊTRE · texte numérisé non relu

LE SOLDAT-PRÊTRE

{Sonnet.)

Vicaire en temps de paix d'un gros bourg de Bretagne Il fut nommé bientôt sergent, puis lieutenant. L'œil vif, le cuir tanné par un an de campagne 11 est le plus aimé de nos chefs, maintenant.

Notre amitié pour lui cependant s'accompagne D'un mystique respect, chez beaucoup surprenant Son ascendant moral sur ses Poilus y gagne A l'heure du danger, sous le canon tonnant;

Quand il crie : En avant ! sa main, d'un geste large, Nous bénit, nous absout... et nous menons la charge Plus gaiement d'avoir vu ce grand geste indulgent ;

D'autant mieux que la main tout à l'heure occupée

A nous bénir, brandit, à présent, une épée

Qui, tournoyante, a l'air d'un ostensoir d'argent !

(Au front, sous Arras, juillet 191 5.)

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