REFRAIN
ou je meurs! On m'assas - si - ne! On m'assas-
si - ne ! Har-di, les gàs ! Vail-lants S()l-dats,tous
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aux com-bats!> Quand, par
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Des bords fleuris de la Vilaine Jusqu'à Coëtquidan Nous pivotions gaiement Quand la France, à travers la plaine Nous cria, toute en pleurs :
« Au secours, ou je meurs !
•» On m'assassine!
» On m'assassine!
^ Hardi, les gàs ! Vaillants soldats, ^ Tous au combat !n> Quand parla Ville, Quand parla \'ille,
A retenti ce refrain-là, On dit : Voilà Le 41 qui détile !
Et ce fut le départ de Rennes Dans les chants et les cris.
Tous les fusils fleuris Durant qu'en Alsace, en Lorraine, La France, hélas ! toujours Nous criait : « Au secours !
v> On m'assassine!
^> On m'assassine !
» Hardi, les gàs! Vaillants soldats, » Tous aux combats! >•> Quand dans l'espace.
Quand dans l'espace A retenti ce refrain-là, On dit : Voilà Le 41 qui passe !
Puis ce fut la <^ Charge •» qui sonne, La Marne et les Essards, La Sambre et ses brouillards ; Ce fut Reims, et ce fut Craonne.
Et Neuville, et l'Yser, Arras et Chantecler !
« On m'assassine!
•» On m'asîassine ! »
La France a dit : « Merci, mes bons
» Soldats bretons !
> D'un souffle large,
» D'un souffle large, » Quand retentit ce refrain-là,
« J'ai dit : Voilà » Le 41 qui charge ! »
Lorsque finira la campagne (Boches boutés dehors.
Bien vengés tous nos morts) Nous rallierons notre Bretagne, Fourbus, mais pleins d'entrain En chantant ce refrain :
« Ma p'tit' cousine, » Ma p'tit' cousine, » Et toi, ma femme, et vous, mes vieux, » Soyez heureux :
» C'est la Victoire, » C'est la Victoire, » Que vous rapporte en les lambeaux
» De son Drapeau, » Le Régiment couvert de Gloire! »
(Wanquetin, sous Arras, le 25 avril 191 5.)
LE « KAMARAD »
LE «KAMARAD»
Sur l'air de " BriquemoUe et son camarade » *.
Rentrant de patrouill', l'aurore é
tant
pro-che. Jem'trouv'n
ez à nez a - vec un grand
Boche. ..J'fustell'mentsai-si que j'en res- tai coi:
ri^=ti
^IfH
Le «ka-ma-rad»fit la mêni'chos'que moi !
E. Benoit, éditeur. Faubourg Saint-Martin. Paris.
« Rentrant de patrouiU', l'aurore étant proche, Je m' trouv' nez à nez avee un grand Boche... J' fus teH'ment saisi que j'en restai coi : Le «Kamarad» fit la mêm' chos' que moi!
Comm' je ne suis pas un foudre de guerre ,(0h ! j' crains pas les coups, mais je n' les aime guère !> Je me m' mis à trembler de crainte et d'effroi : Le « Kamarad » fit la mêm' chos' que moi !
Pour bien lui montrer qu' j'étais pacifique J'étendis le poing d'un geste héroïque Lançant mon « pétoir^ » à deux mètr's... ou trois : Le « Kamarad » fit la mêm' chos' que moi !
Voyant s'approcher mon heure dernière
J' crus r moment venu de fair' ma prière
En levant aux cieux 1' bras gauche et 1' bras droit :
Le «; Kamarad » fit la mêm' chos' que moi !
Mais rémotion me donne un' tranchée :
Avisant un' sort' de petit' «feuillée»
J' fis, ma foi, c' qu'on fait dans ce p'tit endroit : Le «Kamarad» fit la mêm' chos' que moi!
Le cœur plus léger, gardant mes airs dignes, Lui tournant le dos, j' filai vers nos lignes... Mais, sur mes talons marchant au pas d' l'oie, Le € Kamarad » fit la mêm' chos' que moi !
<i V'ià-z-un prisonnier — que je crie — Capitaine! « 11 n' veut pas m' lâcher... alors... j' vous l'amène.^ Puis, je tournai d' l'œil : y avait-il pas de d' quoi f Le «Kamarad» fit la mêm' chos' que moi.
1 Fusil.
Quand, près de mon Boch', je r'pris connaissance On m' félicita sur ma grand' vaillance ; Tout r mond' rigolait; moi, j' pleurai d'émoi : Le «Kamarad » fit la mém' chos' que moi.
Il a la Croix d' Fer! Pour qu'on lui confère Un' pareille affair' quoi qu'il a pu faire? P't' être que 1' « Kamarad », pour avoir c'te Croix Fit un prisonnier... la mém' chos' que moi!
LETTRE A LAMBULANCIERE
LETTRE A L'AMBULANCIERE
Sur l'air de « La Lettre du Sero^ent aux Gardes » '. Andantino adaçio.
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ad lib.
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«Ma - d? - me, c'est pour un a-
^je:-,^^eh^e^
mi Lais - se pour mort à l'en - ne-
mi Que je vous é - cris cet - te let-tre.
• Georges Ondct, éditeur, 83, Faubourg Saint-Denis, Paris.
Par-don si ma main tremble un peu, Mais il s'a-
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mi, dès le dé -but De l'a-tro-ce guerre, a -yant eu Le front meur-tri d'un coup de
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I Entre les t-oujilets
'am - bu - lan
« Madame, C'est pour un ami, Laissé pour mort à l'ennemi.
Que je vous écris cette lettre.
Pardon si ma main tremble un peu, Mais il s'agit d'un tel aveu, Qu'il va vous offenser, peut-être :
Mon pauvre ami, dès le début De l'atroce guerre, ayant eu Le front meurtri d'un coup de lance.
S'est épris des jolis yeux doux, Madame, d'une amie à vous...
...A l'ambulance!
« Comme il n'était qu'humble sergent, Que ses pauvres galons d'argent.
Guéri, le replongeaient dans l'ombre.
Soutirant encor, sans dire un mot, Sur sa demande, au « iront», là-haut, 11 s'en alla, le cœur bien sombre ; Et, depuis lors, au premier rang, Tour à tour riant et pleurant.
Ne voulant songer qu'à la France, Il songeait à sa « dame » encor.
En n'espérant que de la Mort, La délivrance.
Et la Mort l'exauçant enfin, A Dixmude, hier, au matin.
Un obus rétendit à terre...
Et le voici, près de mourir, Qui rêve, oublieux de souffrir, A la mignonne Ambulancière ; Il est là, souriant toujours, Refusant tous soins, tous secours, Tout près d'entrer en agonie.
Et baisant trois brins de jasmin Qu'il reçut un jour de la main De... votre amie !
« Mais voici le pauvre garçon, Tout secoué d'un grand frisson.
Sa voix tremble et son œil se creuse... — Allons!... c'est la fin... Vite, adieu! Pour moi, quelquefois, priez Dieu.
Je meurs content... vivez heureuse...
Car le blessé jadis guéri Est le même qui vous décrit Son chaste et sanglant petit drame.
Et la «dame » pour qui je meurs.
Dont je baise, en mourant, les fleurs, C'est vous. Madame!... »