‹ Chansons des enfants du peupleChapitre 3 sur 49 · IX · texte numérisé non relu

IX

dans une chevauchée folle de passions déchaînées ; il y a des colères brutales et vengeresses en face de Cinjustice triomphante et des mépris souverains^ en face de la bêtisey en présence des lâches, vils et abjects^ il clame avec une force terrible rindignation profonde dun être fier et libre. On sent en lui la passion de la liberté et de r indépendance r/ul fait porter haut la tête et arme le Verbe du fouet cinglant de la vérité. Et nul nest réellement un grand artiste sans cette puissance intime permettant seule rentière expansion du talent et du génie qui en est l'expression sujjrême. Mais jmrtout, même dans ses plus âpres violenceSy se rencontre toujours , de-ci de-là^quelque petite fleur azurée qui jette sa note tranquille et souriante et qui est un peu comme la vitre cristalline par où se laisse entrevoir rimmaculée bonté de r homme reparaissant toujours.

Un jour, je lui dis : « De tout ce grand labeur il vous faudrait extraire quelque chose pour nos petits, il serait bon quun peu de cette graine de fleurs fût semée dans le sein de ces âmes vierges. »

]l s'est immédiatement mis à la tâche. Voilà V œuvre debout. Que tous ceux qui y ont quelque peu collaboré en soient ici remerciés et en tout premier lieu, notre ami de Monzie, chef du cabinet du ministre de F instruction publique, qui la si efficacement aidée à naître.

Le petit livre de chansons de Xavier Privas a sa place marquée au jour d h ui dans nos écoles. Je nen sais aucun qui lui soit supérieur par la simplicité musicale, par la hauteur des sentiments guil exprime et des idées qu'il répand, A côté

des ouvrages sévères et quelquefois ennuyeux de science et cHiistoire^ à côté des grammaires maussades et difficultueuses^ il est un peu comme un rayon de soleil parmi les nuages du ciel.

La chanson est^ en effet, le raycm de soleil de la vie scolaire^ le moment de joie reposante et harmonieuse au milieu de toutes les choses graves de r école.

C'est le génie de Vartiste de savoir mettre dans cette gaité la pjensée forte et éducative qui fait de cette joie une leçon en musique puissamment féconde et moralisatrice. Bien nombreux sont ceux qui se sont essayés à la chansoji scolaire^ mais bien rares sont ceux qui ont su y réussir, c'està-dire lui conserver son caractère de naïveté sans inaiseiie, sa valeur éducative sans cesser d'être compréhensible à des intelligences d\enfants.

J'ose dire que Xavier Privas a tourné en maître ce cap dangereux de la pédagogie. Il apporte sa pierre à l'édification du grand œuvre émancipâleur de la République.

Ceux qui seront bercés au rythme de son grand cœur ne pourront être à la fois, dans Cavenh\ que de fiers citoyens et de généreux humains.

Albert SURIER

À mon ami

ALBKRT SURIER,

en

affectueuse reconnaissance.

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