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Fille qui fait nouvel amy Elle doibt plorer tendrement,
XIX — ' Chanson commune à notre ms. et à ceux de Bayeux et de Vire.
^ Moye, mienne, forme vieillie à l'époque de nos chansons.
XX. — * Le recueil d'Alain Lotrian de i543 (L) contient une chanson qui commence comme la nôtre, mais qui en diffère ensuite presque absolument.
Et avoir au cueur grant soucy Quant ce vient au despartemcnt.
a Helas! je ne sçay pas commant Vous dire adieu, car je m'en vais :
Au fort-, je reviendray souvant; 8 Je ne vous obliré jamès. »
« Ne me parlés de partement De pleur ne de soucy aussi, Car tousjours vous m'estes presant :
Près ou loing vous ame sans sy ^ ; S'on on s'en va ung mois ou demy, Amans ont souvent de telz mais; Fussiés vous a cent lieues d'icy, i6 Je ne vous obliré jamès. »
« Dame, je croy en vérité Que nous entraimons loyaulment, Et qu'en temps et nécessité L'un a l'autre sera servant Sans que luy soit contredisant; Ung serviteur en moy avés, Croyez le bien certenement :
24 Je ne vous obliré jamès. »
a Si vous m'amez, si fays ge vous; Nous suymes très bien assemblés; Noustre amour durera tousjours Sans qu'on la saiche desembler; Homme vivant ne nul courrons Ne nous serviront d'entremais*,
- Au fort, la locution complète est au fort aller ; le sens est « après tout , au bout du compte ».
' Sans sy : sans réserve, sans restrictions. Cette locution , très-fréquente au quinzième sièc'e, est le résumé d'un raisonnement assez long; elle équivaut à dire qu'il n'y a rien à souhaiter au-delà de la chose dont on parle. On a fini par en faire un substantif: une sans 51, c'est-à-dire une femme parfaite.
^ Voy. sur cette locution xiv, 23. Servir quelqu'un d'un entre-
Et les en despite trestous :
32 Je ne vous obliré jamès. »
[Les mesdisans vont par la ville Disans que je suis amoureux, Et c'est de vous, ma belle fille :
Hz ont dit vray, c'est maulgré eux; Jamès faire ne scaurois mieulx, Aussi ne vieulx je toujours mais En despit des faulx envieux :
40 Je ne vous obliré jamès.
Laissez les en dire leur fais :
Au dieu d'amours aurons recours Qui les paiera de leurs faitz Et a nous donnera secours Encontre eulx et tous leurs discours :
Combien que d'eulx un seul tournois Ne donne, car pour tous leurs tours 48 Je ne vous obliré jamès.]
^*t - lî Faisons bonne chère, faisons la, faisons. ^
W ■: En m'en venant de Paris la Rochelle *, (^
S^Ç^' '( Faisons bonne chère, fasons la, faisonz. A tffç^r, /c4 Je rencontray troys jeunes damoiselles.
A mon advis je choisy la plus belle ; Faisons bonne chère, faisons la^ faisons. ^' 7 A mon advis je choisy la plus belle. '-■
mets, lui offrir un entremets, signifie, par ironie, lui jouer un tour; nous disons par une métaphore voisine : « Je lui servirai un plat de mon métier. »
XXI. — ' Je pense qu'il faut comprendre « de Paris et de la Rochelle », et non « de Paris à la Rochelle ».
Et la monté sur l'arson de ma selle; Faisons bonne chère, faisons la, faisons. 10 Et la monté sur l'arson de ma selle.
Je mys la main soubz sa verte coctelle; Faisons bonne chère, faisons la^ faisons. i3 Je mis la main soubz sa verte coctcUe.
Je suis trop jeunette Pour faire ung amy, Si suys je bien preste D'en faire ung joly.
XXII. — ^ Le refrain et le premier couplet se trouvent écrits à la main il la suite de l'exemplaire de la Bibl. Nat. du Premier livre des Chansons à deux parties, publié par A. Leroy et B. Ballard {ténor); le premier couplet seul dans un des recueils d'Attaingnant, Trente et une Chansons (1529), f<> 14.
a Hellas! » distelle, « que me vouliez vous faire?»
Faisons bonne chère, faisons la, faisons. ?'\
16 « Hellas! » distelkj «que me vouliez vous faire?» C
« Je vieulx savoir si vous estes £ucelle...» ^l
Faisons bonne chère, faisons la, faisons. ^
19 « Je vieulx savoir si vous estes pucelle. » '^
a Pucelle ou non, qu'en avez vous affaire? »
Faisons bonne chère, faisons la, faisons. ^-^
22 a Pucelle ou non, qu'en avez-vons affaire? » C
« Sy vous l'estiés, vous seriez m'amyete. » (j
Faisons bonne chère, faisons la, faisons, /i
25 « Sy vous l'estiés, vous seriez m'amyete. » 0
S'il est a ma poste- il aura mon cueur, Et lairay mon père, ma mère, mon frère, ma sœur^ Et yray seullette au bois avec luy 8 Cueillir violette pour passer ennuy.
S'il me veut promettre et me tenir seur D'estre seuUe amée, prisée^ et de tout son cueur, Jamais n'auray autre seullement que luy, 12 Pour roy, duc ne conte qui vive au jour d'uy.
xxiir
Je me repens de vous avoir amée^ Puisque aultrement n'avez voullu mon bien, Et que jamès ne vousistes en rien 4 Chose qui soit au gré de ma pensée.
Je vous tenoye sur toute femme née La plus parfaicte, mais je voy maintenant Qu'il vous fauldra nommer totallement
8 La sans mercy-: c'est maie renommée.
He ! Dieu, hellas ! que fera ma pensée Ce temps d'esté, ce mois de may qui vient? Reconfortez le povre languissant^ 12 Las ! qui ne scet ou est sa mieulx amée.
* A ma poste, primitivement en ma puissance {poste, anc. poeste, poieste)^ ici a à ma convenance ».
XXIII. — * Cette chanson se retrouve dans trois recueils : Sei:{e chansons nouvelles (Paris, 1 5 26; réimpression Percheron) ; Sensuyuent seir^e belles chansons (s. 1. n. d.; réimpr. Bailli eu, n° 3) ; Sensuyuent dix-sept belles chansons nouuelles (s. 1. n. d., réimpr. Baillieu, n° 6); mais il n'y a que le premier couplet, et dans B le dernier, qui ressemblent à notre texte.
* La dame sans mercy, la sans mercy, est une des figures f avoritcs de la poésie du quinzième siècle.
Vray dieu d'amors, qui savez ma pensée,, Je vous supply et requiers humblement Que devant vous soit fait le jugement i6 D'elle et de moy qui a sa foy faulcée.
Et si j'ay tort, sentence soit donnée Encontre moy le plus cruellement, Et condempné sois perpetuelement 20 En une tour obscure et bien fermée.
Hellas ! ma dame^ tant vous ay désirée^ Non point en mal mais tousjours en tout bien! J'ay trop aymé ce qui n'estoit pas mien : 24 Plus saigement me tiendray l'autre année.
C'est grant folleur a créature née Mectre son cueur en ce qui n'est pas sien : L'un jour s'en va et puis l'autre revient; 28 Amours s'en vont comme fait la rousée.
Il fait bon fermer son huys 2 Quant la nuyt est venue.
L'autrier m'aloye esbaloyer ^ Par devant l'uys de mon voysin, Mais il n'estoit pas a l'ostel : Il estoit allé au molin ; Il a laissé son huys ouvert, Sa femme toute nue...
Il fait bon fermer son huys 10 Quant la nuyt est venue.
XXIV. — * Esbaloyer, forme altérée de l'anc. esbanoier (5'), se divertir. Elle s'est maintenue dans certains patois.
Lors je me prins à despoiller; Avecques elle me couchy; El me baisoit et acolloit, Cuydant que ce fust son mary Qui fust ja venu du molin^
Sa fiirine mollue....
Il fait bon fermer son huys 1 8 Quant la nuyt est venue.
Quant je me fus bien esbatu Deux ou troys heures de la nuyt, Je luy diz en deux motz sans plus :
« Belle, recouvrez vostre lit. »
Elle s'escria si hault cry :
« Je suis femme perdue.... »
Il fait bon fermer son huys 26 Quant la nuyt est venue.
« Je vous requier, mon bel amy^ Qu'il ne soit mot sonné du fait. »
« Je vous promectz la foy de my Qu'icy compte n'en sera fait.
Mais ailleurs ouy bien sy je puySj
La ou n'estes congnue. »
Il fait bon fermer son huys 34 Quant la nuyt est venue.
Jeune, gente^ doulce fleur débonnaire, Je viens a vous comme esmeu et espris ; D'esbatement n'est riens qui me sceust plaire^ Fors que torments, qui sont en moy compris. J'ay tel douUeur que je ne puys dormir Fors que languir;
Las! dictes moy ce qu'il m'en adviendra Pour estre asseur de vivre ou de mourir, Car secourir 10 Aultre que vous certes ne me pourra.
a En vo gent cueur le mien prent son repaire Je vous suply, si je suis mal apris, Pardonnez moy : je vous dy mon affaire : C'est vostre amour de quoy je suis surpris. » « Esse* pour moy que souffrez tel douleur?
C'est grant folleur De se bouter en amours sy avant; James femme, tant soit de grant valieur,, En vostre cueur 20 Ne la boutez sans luy dire ho! davant^ »
XXVP
J'ay bien nourry sept ans ung joly gay ' En une gabioUe ^ Et quant ce vint au premier jour de may 4 Mon joly gay s'en vole.
Il s'en vola dessus un pin, A dit mal de sa danfve*.
« Reviens, reviens, mon joly gay, 8 Dedans ta gabiolle ;
XXV. — * Esse, pour est ce, forme fréquente que j'ai cru devoir respecter.
* C'est-à-dire sans la prévenir.
XXVI. — 'J'ai déjà imprimé cette chanson dans la Roma- Jiia, t. I, p. 1 17.
- Gay, geai.
' Gabiolle, cage; forme italienne, gabbiola.
* Ce mot, évidemment altéré, n'a pu éirc ni compris ni restitué.
D'or et d'argent la te feray Dedans comme dehors. « « Ja, par ma foy, n'y entreray 12 De cest an de de l'autre, n
Le gay vola aux bois tout droit ; Il feict bien sa droiture % Ne retourner ne doit par droit :
i6 Franchise est sa nature.