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Chansons du Chat noir

C'était un poète masculin singulier. On l'a défini aussi : un binocle dans de la barbe, et enfin : un gentilhomme écossais qui a une figure en bois, une voix en bois et qui se moque du clan dira-t-on.

Mac-Nab n'avait que trois gestes, de même qu'il n'avait que trois notes dans la voix; mais quels gestes! mais quelles notes ! l'effet était irrésistible, sans qu'il se déridât lui-même. Chaque fois qu'il ouvrait la bouche pour réciter ses vers, il avait l'air de prononcer une oraison funèbre.

Mac-Nab a fait ses premières armes aux réunions des Hydropathes qui prirent plus tard le nom d'Hirsutes. C'est là qu'il débita pour la première fois sa fameuse ballade des

Poêles mobiles qui est bien le plus beau monument d'incohérence ahurissante qu'on ait jamais entendu.

Qu'on se figure une façon de poème dithyrambique pur, soigné, littéraire, classique, sur les frimas, le printemps, les pervenches, le souffle printanier, la pâle froidure, les Parisiennes, le gazon vert, les lèvres roses et l'amour, aux quatre coins duquel revient, avec la persistance d'un refrain de ballade, cet avis qui vous tombe lourdement sur la tête comme une tuile glissée d"un toit :

Le Poêle mobile se distingue de tous les autres en ce que, muni de roues, iljpeut se déplacer comme un meuble, etc.

Qu'est-ce que cela veut dire? Mystère !

D'où cela sort-il? Sphinx et rébus. Pourquoi est-ce drôle? On n'a jamais pu le savoir, on ne le saura jamais. Pourtant personne n'a entendu cette fantaisie sans rire aux larmes.

Quand les Hirsutes eurent cessé de se réunir, Mac-Nab se dirigea sur Montmartre, cette butte sacrée qui est, comme chacun sait, le paratonnerre des idées bourgeoises.

Mac-Nab fut la pointe du paratonnerre dont la tige est le Chat-Noir.

Quelquefois au cœur des tumultueuses soirées de l'institut du Chat-Noir., Mac-Nab, long, maigre, étriqué, porteur dw faciès tragique de ceux-là qui ont reçu du ciel la haute mission de venir jeter un peu de joie en ce siècle d'habits noirs et de chapeaux funèbres, Mac-Nab prenait place devant le piano et, avec ce zézaiement qui n'était pas un des moindres charmes de son talent déclamatoire, il annonçait solennellement :

« L'Expulsion! »

Aussitôt une clameur d'enthousiasme emplissait la salle,

cassait les vitres, couvrait le brouhaha des échanges de bocks et l'organe tonitruant de Salis.

Mac-Nab possédait la voix la plus rauque et la plus fausse qu'il soit possible d'imaginer; on croyait entendre un phoque enrhumé. Mais cela l'inquiétait peu. Il chantait tout de même, sans se préoccuper des gestes désespérés d'Albert Tinchant, son accompagnateur ordinaire.

Ainsi chantée, l'Expulsion était une véritable source de joie.

Il en était de même de la complainte du Bienheureux Labre.

Mac-Xab a publié chez le bibliopole Léon Vanier un très joli et très coquet volume pour lequel Coquelin cadet a écrit six pages de préface, et qui porte ce titre étrange : Poèmes mobiles.

Les trouvailles et les fantaisies y pullulent, et l'on n'y compte pas moins de trente-sept pièces, presque toutes heureuses, réussies, débordantes de la gaieté et de l'originalité les plus pures, lesquelles sont fort spirituellement illustrées par l'auteur.

Parlons un peu du caractère de Mac-Nab.

C'était un rêveur, très distrait, qui joignait à l'horreur des mathématiques une grande affection pour les animaux. Il recueillait les chiens errants qui le comblaient d'ingratitude.

Très observateur, il découvrait un côté gai aux choses les plus banales de la vie.

— lO —

Enfin, c'était une physionomie et une personnalité très originales, à qui la postérité sera reconnaissante d'avoir cultivé le rire.

Nous ne pouvons mieux terminer qu'en citant l'axiome déjà célèbre formulé par Coquelin Cadet dans la préface des Poèmes înobiles : « Les hommes bons seuls sont joyeux; les méchants ne rient pas, c'est leur punition ! »

Extrait des « Hommes d'Aujourd'hui. »

L'EXPULSION

L'EXPULSION

Mouv'. de Marche.

portez

CHANT

K . vec tous ces N.de D.d'Prio . cesl

Riu.

f^-W \l l'M\lll

PUNO.

parlez.

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. drait qu'oiiles expul.se . rait .

Et l'iang du peuple ilcri' vliigin

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Puur.

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Qu'ils é.cl.i.bouss'a .\ec leur lus -que

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suivez le chant

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portez.

£« Chœur.

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con . seillers raéni .ci - paux

Chœur et ritournelle.

Qun peut pas s'pay.erdes bell* frus -

L'EXPULSION

On n'en finira donc jamais

Avec tous ces N. de D. d'princes!

Faudrait qu'on les expulserait

Et r sang du peuple il cri' vingince!

Pourquoi qu'ils ont des trains royaux,

Qu'ils éclabouss' avec leur lusque

Les conseillers ménicipaux

Qui peut pas s' payer des belT frusques?

D'abord les d'Orléans, pourquoi Qu'ils marie pas ses fill' en France, Avec un bon vieux zig comm' moi Au Heur du citoyen Bragance? C'est-il ça d' la fraternité, C'est-il ça d' la délicatesse?

On leur donn' l'hospitalité,

Qu'ils nous f. .. au moins leurs gonzesses!

Bragance, on Tconnaît c't' oiseau-là.

Faut-il qu' son orgueil soy' profonde Pour s'êt* f... un nom comm' ça!

Peut donc pas s'app'ler comm' tout 1" monde? Pourquoi qu'il nag' dans les millions Quand nous aut' nous sons dans la dèche? Faut qu'on l'expulse aussi... mais non, Il est en Espagn', y a pas mèche!

Ensuit' y a les Napoléons,

Des mufï" qu'a toujours la colique

Et qui fait dans ses pantalons Pour embêter la République !

Plonplon, si tu réclam' encor, On va t' fair' passer la frontière.

Faut pas non plus rater Victor, Il est plus canaiir que son père!

Moi j' vas vous dir' la vérité :

Les princ' il est capitalisse

Et r travailleur est exploité,

C'est ca la mort du socialisse.

Ah! si l'on écoutait Basly,

On confisquerait leur galette,

Avec quoi qu' Tanarchisse aussi

Il pourrait s'flanquer des noc' chouettes!

Les princ' c'est pas tout : Plus d' curés, Plus d" gendarmes, plus d' mélétaires, Plus d' richards à lambris dorés Qui boit la sueur du prolétaire.

Qu'on expulse aussi Léon Say, Pour que 1" mineur il s'affranchisse.

Enfin, qu' tout V mond' soye expulsé : Il rest'ra plus qu" les anarchisses !

LE BANQUET DES MAIRES

LE BANQUET DES MAIRES

Mouv'. de Marche.

mf

CHANT

PIANO

Un beau ma.tin, monsieur Flo . quel Me dépêche u

. ne cir-cu .

lai . re;

[| me coojie au grand ban . quel

Que nous of.fre le mi . nis.

tè . . re, Il ™^ convie au

grand ban.quet Que nous of. Ire le mi. nis . le.

LE BANQUET DES MAIRES

Enfant gâté de mon canton, Depuis quatorze ans je suis maire, Bien que je me flatte, dit-on, D'être un peu réactionnaire.

Un beau matin, monsieur Floquet Me dépêche une circulaire :

Il me convie au grand banquet Que nous offre le ministère !

« Je t'en prie, Hector, n'y va pas, Me disait en pleurant ma femme.

Ils ont inventé ce repas Pour se faire de la réclame ! »

Mais je lui répondis : « Tais-toi, Joséphine, c'est mon affaire.

Je ne suis pas fâché, ma foi, De voir de près ce ministère 1 »

Je pars la veille du grand jour Suivi de toute la fanfare.

Les pompiers viennent à leur tour M'accompagner jusqu'à la gare. Mille gamins poussent des cris :

Faut-il que je sois populaire!

Le voyage est à moitié prix!

Un bon point pour le ministère !

Nous étions quatre mille et plus Entassés dans la grande salle.

Un vrai festin de Lucullus !

A sa place chacun s'installe.

Un grand laquais d'un air narquois Sans cesse me remplit mon verre :

C'est du bordeaux de premier choix, Ne blaguons plus le ministère!

« Monsieur, murmure, près de moi.

Un maire habitant des montagnes, Vraiment, je ne sais pas pourquoi Ça va si mal dans nos campagnes! »

« Oui, m'écriai-je tout à coup, Chez nous non plus ça ne va guère!

En attendant buvons un coup A la santé du ministère ! »

On n'entendait plus d'autre bruit Que le craquement des mâchoires.

Floquet n'avait pas d'appétit, Mais il calculait ses victoires !

Nous sommes joliment traités.

On nous prend par la bonne chère.

Passez-moi les petits pâtés, Vive à jamais le ministère!

Neuf heures! Il faut s'en aller, Tant pis, car la cuisine est bonne.

Je sens mes jambes flageoler, A mes voisins je me cramponne.

Cahin, caha, chacun partait, Trébuchant et roulant par terre :

« Braves gens, murmurait Floquet, Ils soutiendront le ministère! »

UN BAL A L'HOTEL DE VILLE

UN BAL A L'HOTEL DE VILLE

AJIegro.

CHANT

PUNO.

Cn îioir— i'dis

ma femm': uFau dralt Qu'j'aille^à l'Hô

pas trop d'bi tr.

lelii "Mais mon homirf, qu'eir. dit.. Tu n'as. pas d'ha . biti» . (iBahl.c'est pas

çà qui ni'gê . ne: Pass' moi mon com . ptet Qu't'as ra .-fis ^ to . lé Pour la

Pour finir

U . gè nelii

■ me!

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a -^ -^ rï^

UN BAL A L'HOTEL DE VILLE

Un soir j' dis à ma femm' : « Faudrait

Qu' j'aille à Thôtel de ville :

Y'a z'un bal épatant, paraît

Qu'on n' s'y fait pas trop d' bile ! >: « Mais, mon homm', qu'ell' dit, Tu n'as pas d'habit! »

« Bah! c'est pas ça qui m' gêne:

Pass' moi mon complet Qu' t' as rafistolé Pour la noce à Ugène! »

J'arrive à la porte du bal,

J' vois des gens qu'on salue, C'est tout r conseil municipal Debout en grand' tenue :

Des complets marrons Et des chapeaux ronds, Dam'', c'est pas d' la p'tit' bière ; Tous ces gaillards-là.

Ils ont pigé ça A la Beir Jardinière!

t^aPiSCTiQ

J'entre et j' tomb' dans un restaurant

Où d'un coup d'œil rapide J'avise un' espèc' de croquant Qui versait du liquide.

J'avale un d'mi-s'tier Et j' tends pour payer

Quarant* sous au bonhomme.

Il me dit : « Monsieurr ^

Vous faites erreur, C'est à Toeil qu'on consomme! »

Quand j'ai vu ça, j' m'en suis flanqué

Par-dessus les oreilles; Jamais j'avais tant tortillé

Ni tant sifflé d'bouteilles.

Comme on peut pas tout

Manger d'un seul coup, J'en ai mis plein mes poches.

Quand on a bon cœur.

On pense à sa sœur, A sa femme, à ses mioches !

Après ça j'arrive en m' prom'nant Dans r fumoir où qu' Ton fume.

Je m'assois et j' tir' tranquill'ment Mon brûrgueul' que j'allume.

Mais v"là qu'un larbin,

Pour fair' le malin, M' tend un' boît' de cigares;

J' la mets sous mon bras.

Des pauatellas!

Quel coup pour la fanfare!

Soudain j' me dis : « C'est pas tout ça,

T' es au bal, faut qu' tu danses Et qu' tu montr' à tous ces muff'-Ià Qu' tu connais les conv'nances! »

J' fais r tour du salon

Comme un papillon, Et j' dégote un' bell' brune :

« Madam', que j'y dis,

V'ià mon abatis.

Nous allons en suer une! »

« Pardon, fait un vilain gommeux,

C'est moi qui l'a r'tenue. »

Alors on s'attrap' tous les deux,

J'arrach' sa queue d' morue.

Y m' pouss' dans un coin Et m' colle un coup d'poing

Sans mêm' que j'y réponde.

Et voilà comme on R'çoit des coups d' tampon

Quand on va dans 1' grand monde!

J'ai l'œil poché, mais c'est égal, J'ai rigolé tout d' même.

Car, voyez-vous, un pareil bal,

Faut avouer qu' c'est la crème.

Le nec plus ultra, C'est qu'à c't endroit-là Ça coût' pas un centime.

Aussi, nom d'un chien, Je r'piqu' l'an prochain Avec ma légitime!

COQUIN D' POPULO

COQUIN D' POPULO

Allegretto

CBAiNT

PIANO

Vrai . ment de don . ner des fê . tes Nous somm' dé

gou .

tés.Qu'eit'c' qui s'est paj . é nos tê . tes? C'est Dos

tési. . Ils ont

. ten.

trou . vé Jof . frin . bê te. Et Cha . bert pas . beau. Ils ont bla . gué .;iot' bi

Le Choeur.

COQUIN D'POPULO

PLAINTE D'tJN CONSEILLER MUNICIPAL APRES LE BAL DE l'hOTEL DE VILL.

Vraiment, de donner des fêtes

Nous somm' dégoûtés.

Qu'est-c' qui s'est payé nos têtes ?

C'est nos invités !

Ils ont trouvé Jeoffrin bête

Et Chabert pas beau.

Ils ont blagué not' binette,

Coquin d' populo !

D'abord j'aperçois Lisbonne, Rev'nu d' l'île des Pins,

Qui r'connaissait plus personne

Parmi ses copains.

Il avait un' queu' d'morue

Comme un aristo, On l'acclamait dans la rue,..

Coquin d' populo!

Ensuite, à la ritournelle D' la premier' polka,

On voit arriver Poubelle :

Qu'est-c' qu'il vient fair' là?

Au lieu d' le mettre à la porte, Comm' c'était son lot,

V'ià la foule qui l'escorte...

Coquin d' populo!

Pendant un' valse charmante, Faisant un p'tit r pos,

A ma danseus' Je présente

L'assiette aux gâteaux :

a — Merci, j'ador' la brioche

Mais j'en ai bien d' trop, J'vas mett' tout ça dans ma poche! ».

Coquin d' populo!

Moi qui ne r'çois, je 1' confesse.

Que du mond' très bien,

J' m'étonn' de voir un' jeunesse Coiffée à la chien.

La voilà qui lèv' sa quille De plus en plus haut..

Y avait là tout' sa famille.

Coquin d' populo !

Les enfants d' la République

A qui Ton apprend Qu' la plus beir vertu civique

C'est d'êt' tempérant, Ils ont raflé nos sandwiches

Et bu tout r sirop En disant qu' c'était pas riche...

Coquin d' populo !

Ils sont partis la bouch' pleine

En cassant nos fleurs Et sur not' beau parquet d' chêne

Laissant des horreurs.

Enfin, pir' qu'un lundi d' paye!

C'est pas rigolo D' fair" danser un' cliqu' pareille !

Coquin d populo !

LES SOUVENIRS DU POPULO

LES SOUVENIRS DU POPULO

Moderato

CHANT

PIANO

Devant la pho . to . gra plu . e D'un mi . Il . taire ii che . val,

En ha

g,^^ i'Jir W'i'i'i J.fl Jjli.F p 7^^^r — ^

.bit de gé.né . rai. Songeait u . iic femme at ^ ten dri . e. Ses qua . fre pe . titsen.

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fants Disaient; u quel est . donc cet hom . me?)i Mes fils, ce fut, dans le temps, Un br

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i . , ma., ge. nfesthicn ehè . re,m'estj)ien chè . rel..ii Parlez- nous de — lui, grand niè . re, grand

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è. re. Parlez-nous de lui! Parlez-nous de lui, grand mè . re, grand niè . re.Parlez-nous de lui!»

LES SOUVENIRS DU POPULO

Devant la photographie D'un militaire à cheval, En habit de général, Songeait une femme attendrie.

Ses quatre petits enfants Disaient : « Quel est donc cet homme ? ■ — Mes fils, ce fut, dans le temps, Un brave général comme On n'en voit plus aujourd'hui.

Son image m'est bien chère ! »

— Parlez-nous de lui, grand' mère.

Grand' mère, parlez-nous de lui !

— Il me souvient de sa gloire, Car, partout où l'on entrait.

Etait cloué son portrait.

Les chansons disaient son histoire.

Il était sur les journaux, Dans les pièces d'artifice, Aux quatre points cardinaux.

Je l'avais en pain d'épice...

Mais où donc Tai-je rangé?

Il n'est plus, sur l'étagère ! »

— Nous l'avons mangé, grand' mère.

Grand' mère, nous l'avons mangé !

— De l'armée il fut le père, Donnant à chaque repas Bonne morue aux soldats; Ça rendit leur mine prospère.

C'est lui qui des trois couleurs Orna les guérites blanches; On eût dit de loin des fleurs Et ce n'étaient que des planches !

Mais, depuis qu'il n'est plus là, Tout noircit sous la poussière. »

— On les repeindra, grand' mère, Grand' mère, on les repeindra.

— Quand on brisa son épée.

Je disais : « Il reviendra Lorsque le tambour battra ! »

Mais comme je m'étais trompée!

Dès ce jour, ô désespoir.

On ne vit plus dans la plaine Galoper son cheval noir.

Si profonde fut ma peine Que ma tête s'égara.

Et depuis, je désespère... »

— Dieu vous la rendra, grand' mère.

Grand' mère. Dieu vous la rendra !

— Un soir, oh, je l'ai vu presque, A la gare de Lyon ;

Il a passé comme un lion!

Ce fut un tableau gigantesque :

Chacun courait se coucher Devant la locomotive.

Moi, je voulais le toucher, (J'étais plus morte que vive), Mais Paulus m'en empêcha; Il me mit bien en colère... »

— Paulus était là, grand' mère, Grand' mère, Paulus était là !

— Un matin, dans notre rue, Avec Laguerre il passa.

On se pressait pour voir ça, J'étais aussi dans la cohue.

Oh ! voir ses bottes de cuir, Oh! contempler sa moustache, Sa barbe blonde... et mourir!

On se bouscule, on se fâche.

Et je laisse sous les coups Quatre dents, mais j'en suis fière! »

— Quel beau jour pour vous, grand' mère, Grand' mère, quel beau jour pour vous !

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