LES TITANS
AïK ; Quand un tendron vient e)i ces lieux. —
Quel nuage plane sur nous^ Frères, le temps est sombre :
L'œuvre des Titans en courroux Sur nous projette une ombre.
Ces géants , comme les démons , Veulent entasser sur les monts,
Les monts !
L esprit sombre comme le temps, Lorsque j'écoute les Titans,
J'entends :
- •' Titans, sous notre joug d'enfer S'égarent les pygmées ; A nous l'airain, le plomb, le fer.
Innombrables armées ; Fusils, canons, grondez en feu Pour étouffer la voix de Dieu ,
^. De Dieu!
Allons , Titans audacieux , Il faut escalader les cieux,
" Les cieux !
Le monde est un vieillard courbé
Dont la grandeur s'efface ;
Son Dieu n'est qu'un soleil tombé
Que notre or le remplace !
Les siècles s'écoulent en vain ,
L'homme espérait : il doute enfin.
" Enfin !
•' Allons , Titans audacieux , " Il faut escalader les cieux ,
" Les cieux ! - —
— Il est sur ma tablette , en haut .
Un petit christ de cuivre :
Le matin je prie, aussitôt Ce christ me semble vivre !
Et sa croix, symbole infini , Porte un rameau de buis béni ,
Béni !
Et , dans son martyr glorieux , 11 dit, en me montrant des yeux
Les cieux :
" Les siècles de l'humanité •' Sont pour la Providence ■' Un instant dans leternité :
" L'œuvre de Dieu commence.
" A travers le nuage épais •• J'entrevois l'olivier de })aix ,
•• De paix !
•• Homme , travaille , prie , attends :
•• Dieu va foudroyer les Titans ! -^
— J'attends !