‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 104 sur 218 · LES TITANS · texte numérisé non relu

LES TITANS

AïK ; Quand un tendron vient e)i ces lieux. —

Quel nuage plane sur nous^ Frères, le temps est sombre :

L'œuvre des Titans en courroux Sur nous projette une ombre.

Ces géants , comme les démons , Veulent entasser sur les monts,

Les monts !

L esprit sombre comme le temps, Lorsque j'écoute les Titans,

J'entends :

- •' Titans, sous notre joug d'enfer S'égarent les pygmées ; A nous l'airain, le plomb, le fer.

Innombrables armées ; Fusils, canons, grondez en feu Pour étouffer la voix de Dieu ,

^. De Dieu!

Allons , Titans audacieux , Il faut escalader les cieux,

" Les cieux !

Le monde est un vieillard courbé

Dont la grandeur s'efface ;

Son Dieu n'est qu'un soleil tombé

Que notre or le remplace !

Les siècles s'écoulent en vain ,

L'homme espérait : il doute enfin.

" Enfin !

•' Allons , Titans audacieux , " Il faut escalader les cieux ,

" Les cieux ! - —

— Il est sur ma tablette , en haut .

Un petit christ de cuivre :

Le matin je prie, aussitôt Ce christ me semble vivre !

Et sa croix, symbole infini , Porte un rameau de buis béni ,

Béni !

Et , dans son martyr glorieux , 11 dit, en me montrant des yeux

Les cieux :

" Les siècles de l'humanité •' Sont pour la Providence ■' Un instant dans leternité :

" L'œuvre de Dieu commence.

" A travers le nuage épais •• J'entrevois l'olivier de })aix ,

•• De paix !

•• Homme , travaille , prie , attends :

•• Dieu va foudroyer les Titans ! -^

— J'attends !

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