LE CHANT DU LABOUREUR
Musique cl'; Vauteur. — r.s.
Ma charrue entame la terre :
Tirez , chevaux , couple si beau ; Le yent agite leur crinière, Il s'engouffre dans mon sarrau ; Et les feuilles qu'il éparpille A mes pieds tombent en sifflant ; L'oiseau se tait sous la charmille :
Quelle musique que le vent !
La moisson , mon Dieu , c'est si frêle : Quand la grêle passe dans l'air , Ah ! préserve-nous de la grêle Pour que le pain ne soit pas cher.
Nous labourons pendant l'automne , Quand le terrain est bien fumé, Pour que la récolte soit bonne Où notre main aura semé.
En guidant ses bètes de somme , L'homme , en sueur , fouille en tout lieu ; Mais après le travail de l'homme , Laissons faire au travail de Dieu.
La moisson , etc.
Sous la neige l'hiver protège Le germe , trésor immortel ; Vient le printemps qui fond la neige, Et le blé croît sous un beau ciel.
La nature , douce et superbe , Met, clans cette heureuse saison, Un rubis à chaque brin d'herbe , Un oiseau dans chaque buisson !
La moisson, etc.
Le soleil dans un ciel limpide
Nous rend les vastes horizons ;
Les cieux , les champs , tout est splendide ,
Quand l'été dore les moissons.
Salut , Dieu de l'agriculture !
Automne , hiver , printemps , été ,
Dans l'atelier de la nature
ïu fais tout pour l'humanité !
La moisson , mon Dieu , c'est si frêle : Quand la grêle passe dans l'air, Ah ! préserve-nous de la grêle Pour que le pain ne soit pas cher.