‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 111 sur 218 · L'OUVRIER DÉCORÉ · texte numérisé non relu

L'OUVRIER DÉCORÉ

Air de la Sentinelle. — 31.

Un gai refrain s'envole avec mon nom : Le peuple chante et Ion me récompense.

Puis-je blesser maint poète en renom Ou quelqu'anteur dont la gloire commence ? Petite muse du foyer, Doucement ma chanson résonne.

Ma croix, nul ne doit l'oublier, En la donnant au chansonnier. C'est à l'ouvrier qu'on la donne.

Qu'on la donne.

Soyez bénis , ù mes faibles couplets !

Aux travailleurs vos refrains ont su plaire ;

Et , pour franchir les marches d'un palais ,

Votre soutien fut la voix populaire.

Le pouvoir songe à l'atelier Où pour lui l'avenir rayonne !

Ma croix, nul ne doit l'oublier.

En la donnant au chansonnier.

C'est à l'ouvrier qu'on la donne , Qu'on la donne.

Le tablier du modeste artisan N'est pas taillé pour de vaines parades, Et je suis fier d'y placer ce ruban Pour faire honneur à tous mes camarades ! Ce ruban prouve à l'ouvrier De quelle estime on l'environne.

Ma croix, nul ne doit l'oublier, En la donnant au chansonnier, C'est à l'ouvrier qu'on la donne, Qu'on la donne.

Juin 1854.

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