LA CHANSON DES ENFANTS
Air de la Bière. — r.i.
L'airain sonne
Au vieux befl'roi; L'éclio joyeux redit la Brabançonne.
L'airain sonne
Au vieux beffroi ; Heureux enfants, chantons : Vive le Roi!
Dès le matin , notre mère attendrie , Qui des vertus nous enseigne la loi , Disait : ^ Mon fils , sois fier de ta patrie , - Tu vas tantôt passer devant le Roi ! "
L'airain sonne, etc.
Rendons hommage au bon maître d'école : Contre l'erreur il lutte corps à corps ; A notre front il met une auréole , Dans notre cœur il sème des trésors.
L'airain sonne , etc.
Pour le savoir, qu'on soit moins économe : L'instituteur est l'ouvrier du bien :
Par ses leçons , l'enfant devient un homme Qui sent en lui l'àme du citoyen.
L'airain sonne , etc.
L'instituteur, simple et patriotique ,
C'est le ruisseau qui , sans bruit dans son cours ,
Donne la source au fleuve magnifique
Où le progrès navigue pour toujours.
L'airain sonne, etc.
En ce grand jour dont parlera l'histoire. Nous réclamons par nos cris triomphants , L'instruction gratuite, obligatoire :
Tout l'avenir est au cœur des enfants !
L'airain sonne, etc.
Gloire à l'élu qui porte la couronne!
De la jeunesse il entendra le vœu :
Nos faibles voix monteront jusqu'au trône , Pour s'élancer du trône jusqu'à Dieu !
L'airain sonne
Au vieux beffroi; L'écho joyeux redit la Brabançonne.
L'airain sonne
Au vieux beffroi; Heureux enfants , chantons : Vive le Roi !
Septembre 1858.
MONSIEUR DU FIAFLA.
Air : Cette chaumière-là vaut un palais.
Je suis Monsieur Du Flafla !
De l'espace ,
Quand je passe ; Faites place , me voilà :
Je suis Monsieur Du Flafla , Oui , je suis {bis) Monsieur Du Flafla.
Tout haut personne ne proteste ('ontre moi qui trafique en grand :
Les millions , je tous l'atteste , Sont toujours bons à qui les prend.
Que le "vulgaire honnête
Aille rampant au sol :
J'ai su rester au faîte
Depuis mon premier vol.
Je suis Monsieur Du Flafla , etc.
Ces gens dont l'honneur est la sphère , Ils travaillent : dédaignons-les.
Ces fripons vivent à rien faire :
Soyez à leurs ordres, valets !
Je défends que l'on ouvre
A mes pauvres parents ;
Au vice que l'or couvre ,
Ouvrez à deux battants !
Je suis Monsieur Du Flafla , etc.
Je lance, par l'agiotage.
Les actions de mes journaux , Mes actions de charbonnage , De chemins de fer et canaux.
Le succès légitime
Mes opérations.
On entoure d'estime
Les bonnes actions.
Je suis Monsieur Du Flafla , etc.
Je pris pour femme une héritière Dont le père, illustre pied-plat.
Sut consacrer sa vie entière A spéculer avec éclat.
C'est un Crésus d'élite
Qui fait tout à propos :
Sa troisième faillite
Triple ses capitaux.
Je suis Monsieur Du Flafla, etc.
De moi bien fol est qui se moque ; Le monde m'a glorifié :
Le vice commun de l'époque En moi s'est personnifié.
Roulant mon impudence
Comme un paon radieux ,
Je suis ma Providence :
C'est l'or qui fait les Dieux !
Je suis Monsieur Du Flafla !
De l'espace ,
Quand je passe ; Faites place , me voilà :
Je suis Monsieur Du Flafla , Oui, je suis {bis) Monsieur Du Flafla !