‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 168 sur 218 · BERTRAM · texte numérisé non relu

BERTRAM

» Office de Publicité, 31 Juillet 1864. »

Air du Carnaval. — 9.

Un anonyme , envieux ou morose , De ta médaille a montré le revers ; Mon cher ami , tu t'enrichis en prose , Lorsque toujours je m'appauvris en vers. En dissipant une rumeur sinistre , Qu'une chanson vienne nous égayer :

Mon cher Bertram , pour flatter un ministre C'e.st à prix d'or qu'on a dû te payer.

Je sais enfin comment tu deviens riche , Toi que j'ai cru l'apôtre du devoir ; La houppelande où ta vertu s'affiche , Cache en ses plis les laveurs du pouvoir. Des tout petits toi qui prends la défense , Ange gardien du plus pauvre foyer , Ah ! pour ouvrir des crèches à l'enfance , C'est à prix d'or qu'on a dfi te payer.

Une autre fois manœuvre avec adresse :

Entre eux , tout bas , les sots se font un jeu

De dénigrer les hommes de la Presse , Qui donnent tant et demandent si peu.

Des songe-creux loin d'allonger la liste , A l'agio tu pouvais t'essaver ; Mon cher Bertram , pour rester journaliste , C'est à prix d'or qu'on a dû te payer.

Mon vieil ami , tu serais un autre homme , Nos droits sacrés étant par toi trahis , Si tu plaçais les intérêts de Rome Bien au-dessus du drapeau du pays.

La vérité dans ton cœur trouve asile : Dis à combien lui revient son loyer ?

Mon cher Bertram , pour flageller Basile , C'est à prix d'or qu'on a dû te payer.

Ton anonyme , au fond de sa cachette , Semble un Jocrisse envieux de Judas.

Il est des gens qui croient que tout s'achète. Et pour lesquels l'honneur n'existe pas. La même honte aujourd'hui nous rassemble ; Tu chantas Frère et j'ai chanté Rogier : Ami , comptons et partageons ensemble , C'est à prix d'or qu'on a dû nous payer.

Mous. 5 Août 186 4.

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