‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 170 sur 218 · AU PEINTRE HENRI DAURIAC, DANVERS · texte numérisé non relu

AU PEINTRE HENRI DAURIAC, DANVERS

Air : Faut tV la vertu, pas trop n'en faut. — ez.

Ne le dis pas , c'est un secret :

Je suis tout fier de mon portrait.

Ce portrait me métamorphose ; Car , bien qu'il soit très-ressemblant J'ai presque l'air de quelque chose , Mon ami , grâce à ton talent.

Ne le dis pas , etc.

En restant simple et réaliste.

Comment donc m'as-tu transformé ?

D'un rayon de ton cœur d'artiste Ce tableau me semble animé.

Ne le dis pas , etc.

Dès notre rencontre première Tu me parus bien hasardeux :

Je m'éclairai de ta lumière :

Tu montras de l'esprit pour deux.

Ne le dis pis , etc.

C'est à Bruxelles , cote à côte , Qu'après avoir manqué le train,

Nous allâmes , à table d'hùte , Nous consoler le verre en main.

Ne le dis pas , etc.

Au bout d'une heure , chose étrange L'amitié fut notre échanson ; Et nous convînmes d'un échange :

Un portrait pour une chanson.

Ne le dis pas ,

Quand ma muse qui s'égosille Est impuissante à te payer , Ton œuvre obtient dans ma famille La place d'honneur au foyer.

Ne le dis pas , etc.

Tes amis vont , dans leur franchise , Bien que ton cœur seul ait péché , Dire , en voyant ma marchandise :

Peut-on faire un pareil marché ?

Ne le dis pas , etc.

Une moralité fort sage Ressort pourtant de ce refrain :

C'est que le peintre qui voyage Ne doit jamais manquer le train.

Ne le dis pas , c'est un secret :

Je suis tout fier de mon portrait.

Février isG5.

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