REPONSE DUN BELGE AUX JOURNAUX FRANÇAIS
Musique de M. AIp. Janssens. — 98.
En plein Paris , des journaux populaires , Sans encourir les arrêts du censeur.
Disent qu'au Rhin la France a ses frontières , En menaçant la Belgique , une sœur.
Français , j'entends , de l'Eridan au Tibre , ( Bénir ton nom , ton courage indompté : (
Ton sang coula pour rendre un peuple libre ! Ne t'arme pas {ter) contre la liberté.
Nous n'oublîrons jamais mil-huit-cent-trente , Car nous avons la mémoire du cœur.
La France est là qui, dans la lutte ardente. Nous tend la main; et le Belge est vainqueur. Mais aujourd'hui que l'on blesse la fibre D'un noble cœur qu'on a tant exalté , Nous jetterons le cri d'un peuple libre : Tout notre sang est à la liberté.
Journaux français , plus de paroles aigres ; Interrompez un ignoble travail :
Il vous abaisse au niveau des rois nègres Qui parquent l'homme ainsi qu'un vil bétail. N'est-il en vous plus un écho qui vibre Pour rappeler ce mot : fraternité l
Souvenez-vous qu il est beau d'être libre. Ilespectez donc ici la liberté.
N'espérez pas de voir notre industrie
A deux genoux udorer le veau d'or ;
Tous , nous aimons les lois de la patrie
Et , s'il fallait défendre ce trésor ,
Laissant l'outil pour l'arme de calibre,
On reverrait le Ruwaert redouté.
Un petit peuple est grand quand il est libre :
Tout notre sang est à la liberté.
Si vous voulez agrandir vos frontières , Renversez donc les douanes , les octrois. Plus d'étrangers ! que les peuples soient frères , Et que partout l'homme ait les mêmes droits. Plus rien alors ne rompra l'équilibre De ce vieux monde encor si tourmenté.
Je bénis Dieu , car mon pays est libre : Vive le Roi ! Vive la liberté !
Juin 1860.