‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 43 sur 218 · MON FUSIL, MON CHIEN, MA MAITRESSE · texte numérisé non relu

MON FUSIL, MON CHIEN, MA MAITRESSE

Air : Va^sc, verse bon vin de France. — 33.

Gai chasseur, j'habite un réduit Assis au pied de la montagne ; Maria, ma douce compagne, M'y revoit quand descend \-à nuit.

Mais sous des cieux purs ou couverts Chaque jour, fort de ma jeunesse.

Je poursuis, dans les genêts verts.

Le gibier que Médor y presse,

Que Médor y presse.

Mon fusil, mon chien, ma maîtresse, i . Pour mon cœur voilà l'univers ! (

Seulement quand c'est jour de tir Je m'achemine vers la plaine ; Bientôt de la lutte mondaine Triomphant on me voit sortir.

Je fuis, porteur des prix offerts, La foule dont l'aspect me blesse ; En hâte à mes amis si chers Je reviens avec allégresse,

Avec allégresse !

Mon fusil, etc.

L'homme, dans un endroit peuplé.

S'il n'est rampant perd l'équilibre ; C'est isolé que l'homme est libre , Et je veux rester isolé.

Loin du monde et de ses travers

Rarement mon âme s'oppresse :

Dieu seul règne dans les déserts ; Nul mortel jamais ne m'abaisse ,

Jamais ne m'abaisse !

Mon fusil, etc.

Mais si je rentre soucieux, — Tout homme a ses jours d'humeur noire. Maria de ses bras d'ivoire M'entoure, des pleurs dans les yeux.

Médor , qui voit ces pleurs amers , Lèche nos mains avec tristesse...

Dans le monde aux jours de revers Plus d'amis et plus de tendresse.

Et plus de tendresse !

Mon fusil, etc.

Le chagrin est vite oublié,

Médor à nos pieds vient s'étendre ;

Et nous soupons, sans plus attendre,

Entre l'amour et l'amitié.

A nos banquets de deux couverts

Que l'eau seule arrose sans cesse,

L'ivresse est de tous les desserts :

Et Dieu sait quelle douce ivresse.

Quelle douce ivresse ! Mon fusil , mon chien , ma maîtresse , Pour mon cœur voilà l'univers !

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