‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 58 sur 218 · LE BON BERGER · texte numérisé non relu

LE BON BERGER

Air : En revenant de Charenton.

Bergère , mes seules amours ,

Ne sois plus si fière :

Je te rencontre tous les jours

Dans les prés où j'erre.

La rencontre ofi're un grand danger

Qu'en bonheur on peut changer :

Deviens ma bergère ,

Je suis bon berger.

Je ne chante qu'un vieux rondeau

Anti-populaire ; Aux autorités du hameau

Par là j'ai su plaire.

Tu peux m'accepter sans danger :

J'ignore tout Béranger.

Deviens, etc.

Tondre mes moutons sans pitié,

Voilà mon affaire !

De leur toison j'ai la moitié :

Nul ne me voit faire.

Chaque an ce produit, sans danger, Agrandira ton verger.

Deviens, etc.

Et chaque fois qu'on crie au loup, D'une main légère

J'abats un agneau d'un seul coup :

Nul ne me voit faire...

Tu peux m'accepter sans danger :

J'ai toujours de quoi manger !

Deviens, etc.

A la messe chaque matin

Je sers le vicaire, Avant lui je goûte son vin :

Nul ne me voit faire.

Ce vin, que je bois sans danger, Tu pourrais le partager.

Deviens, etc.

Chacun me croit un Ijrin sorcier Et te croit sorcière :

C'est encore un petit métier

Que nous pouvons faire.

Le cumul n'offre aucun danger.

Maint grand sait s'en arranger.

Deviens, etc.

Laisse-moi prendre un seul baiser Sur ton front sévère.

Ah ! pourrais-tu le refuser ?

Nul ne nous voit faire !

Tu peux accepter sans danger. Le soir vient nous protéger !

Deviens, etc.

Daigne échanger contre le mien Ton cœur , ô ma chère !

Mon cœur est celui d'un chrétien :

Il cherche son frère.

Tu peux l'accepter sans danger :

J'ai Ijesoin de l'échanger !

Deviens, etc.

On dit que l'homme en selevant Devient moins sincère ;

Que lor fait tourner à tout vent Maint grand caractère.

Tu peux m'accepter sans danger, Rien ne me fera changer :

Tu naquis l)ergère , Je mourrai berger !

COUPLETS A M. F.-G. LEMERGIER.

apiùs avoir vu run dos modèles d'anatuiuie iilasti(|ue du docteur Auzoux {)) AïK du Dieu des bonnes gens. — i4.

Au seul aspect du modèle du maître Où le mortel se voit et se comprend, • Letonnement s'empara de mon être :

A mon esprit l'homme apparut plus grand. L'orgueil alors en moi , cliétif atome , Fit pénétrer sa parole de feu , En me disant : — Regarde combien rimmme Peut s'approcher de Dieu ! {bis.\

Mais la raison en mon âme insensée, Cria soudain à l'orgueil enivrant :

" Voilà le moule ! où donc est la pensée l •• Et , s'il se peut , Dieu me parut plus grand 1 Puis, bénissant sa puissance infinie.

Le front courbé, je compris en ce lieu Tout le néant des œuvres de génie Devant l'oeuvre de Dieu !

.In II VU')' 1S47.

(J) Grâce aux admirables modèles du docleur Auzoux, ainsi (|u"aux iiilércssantcs leçons de M. Icmercier, son élève ol son di?no interprète, l'Iiomnie du monde, en lniit séances seulement, peut voir et s'explinuer le mécanisme du corps tnimain dans son ensemble et dans- ses- principaux détails.

.\ii dire des hommes spéciaux, ces modèles icpioduisent avec la plus exacte lidélitc tous les ressorts par lesquels nous pouvons ai'ir.

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