‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 60 sur 218 · CHANT BELGE · texte numérisé non relu

CHANT BELGE

Air des Trois Couleurs. — S5.

Le cœur nous bat au cri de délivrance Que fait entendre un grand peuple debout. Mais , mon pays , en saluant la France, Que tes enfants soient Belges avant tout ! Depuis César , Belgique , noble terre , Tu poursuivis l'œuvre que tu défends.

— La Liberté, Français, est votre mère,

Mais, comme vous {bis), nous sommes ses enfants.

Ah ! ne fais plus , France noble et féconde , Trembler l'Europe au seul bruit de tes pas : La liberté , ce vieil espoir du monde , Le sabre en main on ne l'impose pas ! Laisse à chacun le choix de sa bannière : Dieu montrera les peuples triomphants !

— La Liberté, etc.

Le Belge hait aussi la tyrannie.

Nul plus que lui n'est jaloux de ses droits ; Pour conquérir des lois qu'on lui dénie , Il sait aussi chasser les mauvais rois. Mais aujourd'hui notre roi, c'est un frère, Belge de cœur et digne de nos temps (i).

— La Liberté , etc.

(1) a I.éopold 1"^', roi dos Bel^'cs, vient de donner un grand exemple aux tètes couronnées du monde. Le premier il a reconnu cl proc.an:ié ce grand principe : Que les peuples ne sont pas faits poiir les rois, niais bien les rois pour les peuples.

Le Belge est libre : il a brisé sa chaîne Avec transport sous le feu du canon ; Sur son beau sol, depuis vingt ans à peine. Il peut enfin porter aussi son nom.

Cette faveur doit nous être bien chère : Dieu nous la fait attendre si longtemps ! — La Liberté, Français, est votre mère. Mais, comme vous, nous sommes ses enfents.

Mars 1848.

» Ainsi le roi a convoqué le conseil d.;s ministres et leur a tenu ce noble langage :

» si là Belgique, qui ne nVu appelé que parce qu'elle m'a cru capable de me I. dévouer à son bonheur, si la Belgique clait convaincua qu'elle ne peut sauvc- " garder sa nalionalilé qu'en adoptant la forme de gouvernement triomphante en " France, qu'elle ne redoute aucune opposition de ma part, je ne ferai jamais . verser le sang du peuple; mais si, au contraire, la Belgique compte mr la conti-

■ nuation de mon dévouement, ma vie et mon épée seront toujmirs consacrées à

■ la défense de sa nationalité et do son indépendance. »

" En présence de ces paroles, si simples et pourtant si magnanimes, le conseil des ministres n'a trouve qu'une réponse, celle d'une muette el respectueuse admiration.

i> Nous ne trouvons, nous, (ju'un commentaire :

» C'est qu'il est digne de commander à un grand peuple, et surtout ù un peuple libre, le roi qui est animé d'aussi nobles scnlimeuts que Léopold 1", roi des

Belges »

[Journaux helgej des ô cl i Mars 1848 .

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