‹ Chansons en sabots: suite de "Chansons de chez nous."Chapitre 13 sur 44 · Ç^ .% CODA · texte numérisé non relu

Ç^ .% CODA

U- hl'- l-'M"ll

Je -zii' Ta pauvita vieil -le!»

« J'ai ben reçu, mon petit-fieu, La lettre où tu me dis adieu Avant de partir en campagne, Et je dicte la lettre-là.

Que tu liras ben loin déjà De la Bretagne !

Je suis fille d'un matelot, J'ai mon liomn>£ et trois gâs dans l'eau. — La vie est quelquefois bien rude! — J'en ai tant dit des « Au revoir ! » Que je devrais bien en avoir Pris l'habitude ;

Pourtant, j'ai le cœur plein d'émoi :

C'est qu'aussi je n'ai plus que toi, Plus que toi, tout seul, en ce monde! — Las ! que ferais-je, désormais.

Si je ne voyais plus jamais Ta tête blonde ?

Mais je console mes chagrins En me disant que les marins Ne meurent pas tous à la Guerre :

Vas- y gaîment, mon petit gàs...

Et reviens vite dans les bras De ta grand mère !

Pense à moi souvent, très souvent ; Et, chaque fois que le grand \'ent Viendra de la Côte bretonne, Laisse -le te ben caresser:

Il t'apportera le baiser

Que je lui donne. " i^x.

Je prierai la Vierge d"Ar\'or, Ben que j"invoque, et mieux encor, Sainte- Anne, lorsque je suis seule:

C'est Elle qui doit, dans les Cieux, Protéger tous les Petits- Fieux, La bonne Aïeule !

Retiens ben ce que je te dis :

Celle à qui tu donnas, jadis, L'anneau d'argent des accordailles Sera fidèle à votre amour, Et t'espérera jusqu'au jour Des épousailles !

Sans adieu, mon petit Yvon :

Je dicte ces mots, qui s'en vont Sonner ben doux à ton oreille, A ta cousine Lénaïk, Et je signe : Veuve Rouzik, Ta pauvre vieille I »

La Nuit en Mer

Page 1