‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 42 sur 90 · PATER NOSTER · texte numérisé non relu

PATER NOSTER

Paler noster, dibi doub (?) — mon chat est à filer de l'étoupe ;

Et mon chien, sur le faite de la maison, — (est) à préparer le manger aux canards;

Les canards, la main dans la main, — à porter la pâte dans la maison de four ;

Le grand taureau , avec sa corne , — à les mettre dans le four;

Le petit loup, avec sa queue, — à les mettre l'un auprès de l'autre ;

La vieille, au milieu du chemin, — à crier miséricorde (à la force, au' secours) sur ses dents ;

Le vieux, près du feu, — à demander ce qu'il y aura pour dîner :

— loclik du...

Ha hac'hado en daou-du ;

lodik kerch...

Habac'hado war-he-lerc'h. —

« De la bouillie de blé noir... et" des coups de bâton des deux côtés; — de la bouillie d'avoine.... et des coups de bâton ensuite. »

Pater noster\.. Ces premières paroles de 1' « oraison dominicale », suivies d'un récit paradoxal sur les bêtes, indiquent assez l'âge des enfants qu'on apaise avec cette berceuse. Déjà on les habitue aux prières; mais c'est encore à peine s'ils articulent les vocables d'un usage primitif; et force est aux parents, pour endormir ou calmer ces petites gens irritables, de les distraire et d'attirer leur attention par une fantaisie où se trouvent mêlés les animaux familiers.

Quand ce n'est pas une berceuse, le pater noster devient un jeu. On balance sur les bras ou sur les genoux l'enfant, qui rit, s'attendant à quelque bon tour de la fin. A ces mois, iodik rfw, la mélopée est soudain interrompue; et l'on prononce vivement, sur un ton de courroux : ha hac'hado en daoïi du, avec un simulacre de coups de bâton. De même, pour iodik kerc'h...

La mélopée de ce Pater est d'une extrême simplicité ; c'est lent et doux, mais rigoureusement scandé; quelquefois, un récitatif rec^o-/o/io, qu'on figurerait avec des notes exactement semblables, comme un « morceau de grosse-caisse » dans une partition.

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