A UNE COMETE DE REVUE
Madame, pour qu'on ne commette Pas d'invraisemblance, c'est vous Qui représentez la Comète, Cet astre ayant les cheveux roux.
Comète, femme, astre et statue.
Nue, on dirait, sans vos cheveux, Votre jeunesse ainsi vêtue A le costume que je veux.
Trop divins pour que rien ternisse Leur bel éclat surnaturel, Tels les cheveux de Bérénice Se déroulent parmi le ciel.
Cette adorable chevelure Flamboie ainsi qu'un été fou, Illuminant la ciselure De l'oreille rose et du cou.
Enveloppant même les hanches D'un ruissellement sans pareil, Elle fait aux épaules blanches Comme une écharpe de soleil.
Qu'importe la voix ou le geste Devant ce fauve écroulement? L'Art s'efface comme le reste...
Le reste d'ailleurs est charmant.
A UNE HARPISTE DÉCORÉE. Sj
A UNE HARPISTE DECOREE
Petite fille de onze ans, Que mène une mère, à la piste De pourboires satisfaisants, Gentille, c'est vrai, mais harpiste ;
Votre cornac ayant, je crois, Pillé pour vous quelque vitrine, Vous avait accroché deux croix Etrangères sur la poitrine.
Allez, mignonne, de ma part Dire à Madame votre mère.
Si c'est f ordre du Léopard, Que cet ordre est une chimère,
Un zeste des plus décevants.
Moins qu'une noix creuse, une paille !
Je sais bien que les chiens savants Portent parfois une médaille.
La croix d'honneur à l'horizon Leur arrache un aboi suprême, Mais ce n'est pas une raison Pour qu'on vous habille de même!
TROIS SONNETS. DQ