A UNE DANSEUSE DE CORDE
Les figurines de l'Atlique, Délicates, d'un goût si pur, C'est vous, moderne et synthétique, En vos bonds qui cherchent l'azur.
Vous êtes simplement exquise, Et dans l'impur cercle étouffant Mon âme en déroute est conquise Par votre bleu regard d'enfant.
Vous enlevant avec cadence, Ou tombant à nous eiïrayer, Certes, vous n'avez pas la danse Des personnes à marier.
Leur laissant l'honnête quadrille Exempt de rêves malfaisants; Vous êtes une jeune fille Peut-être pure, de seize ans.
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Aussi mon cœur, Mademoiselle, Mù par un charme merveilleux, Tombe à vos genoux de gazelle En faisant le saut périlleux.
A UNE ECUYERE
Quand, bondissante, demi-nue.
Et livrant aux yeux maint détail, On a, sans faire l'ingénue, La cravache pour éventail ;
Et quand, renversant tête et buste, Jambe levée, on est en l'air Au poing d'un écuyer robuste.
Ceint d'un maillot couleur de chair;
Ou quand, au bruit des chambrières, Hâtant l'allure à mots peu doux, Au saut classique des barrières.
On retombe sur les genoux ;
C'est une danse de vertige.
Faite de cris et de rayons, Et sur votre épaule, ô prodige.
Pas de diamants, des paillons 1
AUNEÉCUYÈRE 63
Pareille aux belles centauresses, Et les cheveux mêlés aux crins, Il vous faut les chaudes caresses Des flancs rudes brisant vos reins.
Oh ! quel amour pâle et moderne Offrirait à votre désir L'éphèbe lorgnant d'un œil terne Ces proportions du plaisir;
Et qui peut-être, à la sortie, Téméraire, va s'occuper De cette entreprise hardie :
Vous reconduire après souper!