IV. — Le pauvre Peter
Gretchen avec Hans, son valseur, Tourbillonne, gaie et bavarde.
Dans un coin. Peter les regarde, Muet et pAle à faire peur.
En ce jour de leurs fiançailles, Hans, Gretchen sont en beaux atours.
Peter est vêtu comme aux jours Où, dans son échoppe, il travaille.
En voyant le couple rieur.
Peter murmure avec tristesse :
« J'aurais déjà fait un malheur, Si je n'avais tant de sagesse.
Car, en moi, je porte un tourment Qui me déchire la poitrine :
Toujours il faut que je chemine ; Mon chagrin me pousse en avant.
Et c'est vers Gretchen qu'il me mène Pour quérir d'elle guérison.
Mais, quand je la vois, sans raison Je me sauve à perdre l'haleine.
Dans la montagne je m'enfuis; Avec ma peine j'y demeure.
Et, pendant des jours et des nuits, Dans la solitude je pleure. »