‹ Chansons et toastsChapitre 34 sur 100 · PREMIERS CHAGRINS · texte numérisé non relu

PREMIERS CHAGRINS

Petite Jeanne, de vos yeux.

Reflets de votre âme naïve, Coulent des pleurs silencieux... Quel nouveau malheur vous arriver — C'est votre enfant, me dites-vous.

Elégante et fraîche poupée.

Que le petit frère, en courroux, A dans l'eau méchamment trempée.

Eh quoi ! vraiment, quelques satins Valent-ils tant de pleurs, d'alarmes' Pour de plus gros chagrins, Jeanne, gardez vos larmes.

N'attristez pas votçe printemps Si beau, si pur à son aurore ; Hélas ! l'enfance n'a qu'un temps...

Mais qui donc vous chagrine encore?

. — Ce sont vos oiseaux, dites-vous, Chantres joyeux de la vallée, Qui, trompant de légers verrous, Vers les champs ont pris leur volée.

Eh quoi! vraiment, quelques serins Valent-ils tant de pleurs, d'alarmes:

Pour de plus gros chagrins, Jeanne, gardez vos larmes.

Bleus comme des myosotis,

Vos grands yeux, faits pour le sourire.

Ce matin encor sont rougis ;

Ma pauvre enfant, c'est du délire.

— C'est grand'mère, me dites-vous,

Qui, lasse de votre tapage.

Vient de confisquer vos joujoux.

Joujoux ne sont plus de votre âge !

Eh quoi ! des oiseaux, des pantins.

Valent-ils tant de pleurs, d'alarmes Pour de plus gros chagrins, Jeanne, gardez vos larmes.

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