‹ Chansons et toastsChapitre 64 sur 100 · LE SOLEIL EST COUCHE · texte numérisé non relu

LE SOLEIL EST COUCHE

Là-bas, derrière la colline, Dans le ciel qu'on voit s'embraser.

L'astre radieux qui décline Lentement semble s'écraser C'est l'heure du calme suivie; C'est un jour de plus retranché Du nombre des jours de la vie!

Le soleil est couché.

J'ai cueilli ta fleur embaumée, Amour, rayon tombé du ciel; Sur mes jours une bien aimée A versé la joie et le miel.

Hélas ! l'hiver des ans m'assiège ; De débris mon cœur est jonché :

La fleur d'amour meurt sous la. neige.

Le soleil est couché.

A tous les dieux j'ai voulu croire !

Plein d'espoir, mon cœur virginal A vingt coupes a voulu boire, Sans cesse altéré d'idéal.

Et puis, comme l'oiseau des grèves Que le plomb cruel a touché, L'espoir est mort, adieu les rêves !

Le soleil est couché.

Poésie, âme de mon àme, Tu m'as versé ton doux poison; J'ai chauffé mon cœur à ta flamme Tant qu'il fut en sa floraison.

A ton baiser, à ton étreinte, Chaque jour je suis arraché; Pour moi ta flamme s'est éteinte :

Le soleil est couché.

J'ai voulu croire au Dieu suprême Qui parle d'un monde meilleur :

Est-ce raison? Est-ce blasphème:

Le doute, sceptique et railleur, O croyance, blanche colombe, Sur ton aile un jour a marché...

Hélas ! tout finit à la tombe : Le soleil est couché !

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