LA BOUCLE DE CHEVEUX
Un pied mignon, une taille divine, Gorge où l'œil plonge, et voit avec plaisir Deux beaux captifs, demandant à sortir De leur prison de blanche mousseline;
Avec cela, de l'esprit, du maintien; Et, quand la bouche ébauche un fin sourire, Un air mutin qui charme et semble dire : Osez, Monsieur, osez... ne craignez rien!
Bref, je suis fou de mon enchanteresse ;
O laisse-moi, lui dis-je, laisse encor
Ma main plonger dans tes longs cheveux d'or!
Elle fit plus, j'en obtins une tresse.
Gage d'amour que j'emportai chez moi, Trésor charmant que vingt fois, dans ma fièvre. J'allais portant de mon cœur à ma lèvre, Les sens troublés d'un indicible émoi.
Et, dans la nuit qui s'achevait sans voiles, L'air était plein d'effluves embaumés, Tout semblait dire : Aimez, soyez aimés ! Je croyais voir se baiser les étoiles.
Je contemplais avec des yeux jaloux Les blonds cheveux et je rêvais à l'ange... Mais, las ! au jour, je vis, spectacle étrange, Qu'ils étaient faux; de plus, ils étaient roux!
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